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LE PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

III° Dimanche Après Pâques

« La série des mystères du Temps Pascal est susui; un sutre objet attire pour un

390 VIE DE 8. JOSEPH a EE, Il s'agit d'ériger par la piété du peuple chrétien un monument de reconnaissance su puissant Protecteur à Joseph, le secours et l'appui de tous ceux qui l'invoquent aver confiance. Assez de bienfaits Jui ont mérité cet: hommage; la sainte Eglise se propose aujourd’hui, dans l'intérêt de ses enfants, de d'riger leur confiance vers un secours si puissant et si opportun.

La dévotion à saint Joscph avait été réservée pour ces derniers temps. Le cülte de cet admirable per- . sonnage, culte fondé sur l'Evangile même, ne devait pas se développer dans les premiers siècles de l'Eglise ; non päs que les fidèles, considérant le rl: sublime de saint Joseph dans l'économie du mystère de l’Incarnation, fussent entravés en quelque chose dans les honneurs qu'ils auraient voulu lui rendre ; mais la divine Providence avait ses raisons mystérieuses pour retarder le moment où la Liturgie devait prescrire chaque année les hommages publics à offrir à l’Epoux de Marie. L'Orient précéda l'Occident, ainsi qu'il est . arrivé d'autres fois, ‘dans le culte spécial de saint Joseph; mais au xv° siècle l'Eglise latine l'avait adopté toute entière; et depuis lors il n’a cessé de faire les plus heureux progrès dans les âmes catholiques.

Les grandeurs de saint Joseph ont été exposées au 19 mars; le but de la présente fête n'est pas de

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revenir sur cet inépuisable sujet. Elle a son motif spé- <ial d'institution qu'il est nécessaire de faire connaître.

La bonté de Dieu et la fidélité de notre Rédemp- .

\ teur à ses promesses s'unissent toujours plus étroitement de siècle en siècle pour protéger en ce monde l'étincelle de vie surnaturelle qu'il doit conserver jusqu'au dernier jour. Dans ce but miséricordieux, une succession non interrompue de succès vint réchauffer, pour ainsi dire, chaque génération, et lui #pporter un nouveau motif de confiance dans la divine Rédemption.

À partir du xin* siècle, où le refroidissement du: monde commença à se faire sentir, ainsi que l'Eglise elle-même nous en rend témoignage (1), chaque époque & vu s'ouvrir une nouvelle source de grâces. Ce fut d’abord la Fête du Très Saint Sacrement, dont les développements ont produit successivement la Procession solennelle, les Expositions, les saluts, les Quarante- Heures. Ce fut ensuite la dévotion au saint Nom de Jésus, dont saint Bernardin de Sienne fut le principal apôtre et, celle du chemin de la Croix, qui produit tant de fruits de componction dans les

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(1) Dans l’oraisor. de la fête des Sacrés-Stigmates de N. S. P. 8. Franqois.

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âmes. Le xvie siècl vit renaître la fréquente com-

munion, par l'influence principale de saint Ignace de Loyola et de sa Compagnie. : Au xvn® siècle fut. promulgué le culte du Sacré Cœur de Jésus qui s'établit dans le siècle suivant. Au xrx° la dévotion à la très sainte Vierge a pris des accroisse> ments et une importance qui sont un des caractères surnaturels de notre temps. Le saint Rosaire, le saint Scapulaire que nous avaient légués les âges. précédents, ont été remis ‘en honneur ; les Péleri:

pages aux Sanctuaires de. la Mère de Dieu, suspendus par les préjugés jansénistes et rationalistes ont: repris leur cours ; lArchiconfrérie du Saint-Cœur de Marie à étendu ses afliliations dans le mondeentier ; des prodiges nombreux sont venus récom-

penser la foi rajeunie; enfin notre temps a vu le triomphe de l’Immaculée Conception, préparé et. attendu dans les siècles moins favorisée.

* Mais la dévotion à Marie ne pouvait se développer ainsi sans amener avec elle le culte fervent de Saint Joseph. ‘ Marié et Joseph ont une part trop intime dans le divin mystère de l'Incarnation, l'une comme Mère du ils de Dieu, l’autre comme gar-

dien de l'honneur de la Vierge et Père novrricierde l'Enfant-Dieu, pour que l'on puisse les isoler l'un

de l'autre. Une vénération particulière envers saint

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un juste tribut que nous rendons à ses° admirable prérogatives; elle est encore Pour nous Ia source d'un secours nouveau aussi étendu qu'il esb puissant, ayant été déposé entre les mains de saint Joseph par le Fils de Dieu lui-même. Ecoutez le langage inspiré de. l'Eglise dans la sainte Liturgie : « O Joseph, l'honneur des habitants du ciel, l'espoir de notre vie ici-bas, le soutien de ce monde.» Quel Pouvoir dans un homme! Mais aussi cherchez un homme qui ait eu avec le Fils de Dieu sur la terre des rapports aussi intimes que Joseph. Jésus daigna être soumis à Joseph ici-bas ; au ciel, il tient à glorifier celui dont il voulut dépendre, et à qui il

auxquelles le monde est en proie, que les fidèles l'invoquent avec foi, et ils seront protégés, En tous les besoins de. l'âme et du Corps, en toutes les épreuves et toutes les crises que le chrétien peut avoir. à traverser, dans l'ordre temporel, comme dans l'ordre

spirituel, qu'il ait recours à saint Joseph, et sa confiance ne sera pas trompée. Le roi d'Egypte disait à ses peuples affamés: « Allez à Joseph:» Le Roi ” du ciel nous fait la même invitation ; et le fidèle gardien de Marie a plus de crédit auprès de lui que le fils de Jacob, intendant des greniers de Memphis, n'en eut auprès de Pharaon.

La révélation de ce nouveau refuge préparé pour les derniers temps à été d'abord commuviquée, selon l'usage que Dieu garde pour l'ordinaire, à des âmes privilégiées auxquelles elle était confiée comme un germe précieux (1) ... Déjà depuis plus d’un siècle : un Office en l'honneur du Patronage de saint Joseph avait été présenté à l'approbation du Siège Apostolique per l’ordre des Carmes, et il avait été accepté. Un grand nombre d'Eglises en avaient successivement sollicité et obtenu l'extension. Un dimanche avait été choisi pour la célébration de cette pieuse solennité, afin d'y intéresser le peuple fidèle, qui n'est pas appelé par le devoir à léglise au jour de la propre fête de saint Joseph. Cette fête principale tombant toujours en Carême, on choisit pour la seconde le

(1) L'auteur parle ici de sainte Thérèse et du dévouement spécial de l'ordre du Carmel, à la dévotion à saint Joseph ; puis il continue comme ci-dessus, à

troisième dimanche après Pâques, afin d'unir aux joies pascales les consolations et les espérances que cette solennité apporte avec elle. La nouvelle fête allait s'étendant peu à peu par des concessions locales, lors-

que tout à coup un Décret apostolique du 10 septem-

bre 1847 vint l'établir dans toute la chréfienté. A

la veille des grandes tribulations de l'Eglise, Pie IX,

Par un instinct surnaturel, appelait Joseph au secours

du troupeau contié au successeur de Pierre. Nous

avons vu comment le titre et les honneurs de Patron

de l'Eglise universelle sont venus, au temps marqué,

donner satisfaction entière à la piété des fidèles, et

<onfirmer leur confiance envers le puissant Protecteur

qui jamais n'eut tant de maux à combattre, ni tant

de fléaux à détourner.

Mettons done notre confiance dans le pouvoir de l'auguste Père du peuple chrétien, Joseph, sur qui tant de graudeurs n'ont été accumulées qu'afin qu'il répandit sur nous, dans une mesure plus abondante que les autres saints, les influences du divin mystère de l’Incarnation, dont il a été, après Marie, le prineipal miristre sur la terre.

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