Vatel. Charlotte Corday el us Cirondim
Pour nous et du point de vue où nous nous sommes placés, cet ouvrage nous intéresse par ses effets d*ironie^.
Vois-tu le Temps ? Sa course fugitive
Nous avertit de jouir et d'aimer.
Ecoute bien. La vie est une rose
Qu'épanouit et fane le Zéphyr,
Le char du Temps ne fait aucune pause
Que celles-là qu'il fait pour le plaisir.
Tout nous le dit : Oui, la vie est un songe
Les yeux fermés, rêvons tranquillement,
Par les erreurs le plaisir se prolonge
Et le sommeil est moins indifférent.
Dans les amours, passons notre jeunesse ;
Allons brûler à l'autel des plaisirs,
Et dans nos cœurs durcis par la vieillesse,
Préparons -nous d'aimables souvenirs.
Et surtout :
Je veux bâtir une belle chimère ; Cela m'amuse et remplit mon loisir.
Pour un moment, je suis Roi de la terre ; Tremble, méchant, ton bonheur va finir.
Humbles vertus, approchez de mon trône ; Le front levé, marchez auprès de moi ; Faible orphelin, partage ma couronne...
Mais, à ce mot, mon erreur m'abandonne ;
1 . Nous ne 1 analyserons pas, les premiers biographes s'y étant fort étendus
L*orphelin pleure ; ah ! je ne suis pas Roi !
Si je Tétais, tout changerait de face ;
Du riche altier qui foule l'indigent,
Ma main pesante affaisserait l'audace,
Terrasserait le coupable insolent,
Elèverait le timide innocent.
Et pèserait, dans sa balance égale,
Obscurité, grandeur, pauvreté, rang.
Pour annoncer la majesté royale.
Je ne voudrais ni gardes, ni faisceaux.
Que Marins annonce sa présence
Par la terreur et la clef des tombeaux ;
Je marcherais sans haches, sans défense.
Suivi de cœurs, et non pas de bourreaux.
Comme Temprisonnement à Picpus, les rapports de Saint- Just et de M^^® Thorin ont été passés sous silence dans la biographie de Hamel. C'est une brochure imprimée à Saint-Quentin en 1878 qui, une seconde fois, vint confirmer les allégations du premier historien. M. Abel Patoux avait retrouvé, aux archives de la commune de Blérancourt, quelques pièces relatives au divorce Thorin ^ et consulté la tradition locale.
1 . Je n'ai iamals pu retrouver ces pièces. J'ai cherché de ma propre main dans ces archives à l'abandon. Les registres des délibérations de la commune de Blérancourt manquent de mai 1793 à mars 1815. Dans aucune étude du pays on ne possède les actes relatifs au divorce Thorin. Le seul acte de divorce est conservé au greffe de Blérancourt
Que le très jeune Saint- Just ait convoité la fille et Tétude de M^ Louis-Antoine Gellé, notaire royal au baillage de Coucy-le-Château, qu'il ait été plus heureux à l'égard de la fille qu'à celui de l'étude, cela est, paraît-il, hors de doute. L'existence de ces relations parait indéniable à Blérancourt, la tradition les affirme si énergiquement, qu'il serait impossible d'y relever une seule opinion divergente. Louise-Thérèse Sigrade Gellé épousait le 25 juillet 1786 M^ François Thorin qui succédait à son beau-père et le 25 juillet 1793 elle fuyait à Paris rejoindre Saint- Just. M. Hamel, dans un article à la Révolution française^, acceptait la brochure Patoux, laquelle, d'ailleurs, remettait au point cette affaire de séduction et, avant Hamel, affirmait que la jeune femme avait préparé sa fuite à l'insu de Saint-Just, dont elle n'aurait pas été reçue. Ces messieurs faisaient observer qu'à cette date du 25 juillet, Saint-Just était en mission. Ce n'est pas exact. Le 18 juillet, il est vrai, à la séance du Comité, il se fait désigner et, chose assez curieuse, désigner seul, pour une mission dans l'Aisne, l'Oise et la Somme ; mais il ne partit pas. On le retrouve