germinal
qui sont en état d'arrestation, le 8 juillet on Tenvoyait à la tribune, le 10 il entrait définitivement au Comité de Salut public, et par le manifeste du 10 octobre suivant il déclarait le gouvernement révolutionnaire jusqu'à la paix. Seulement, il ne s'agissait guère d'appliquer les principes et de gouverner selon soi-même. Loin de là, le député le plus épris de constitution était chargé de parler contre elle, d'ajourner indéfiniment le rêve, de se faire l'homme des réalités :
Dans les circonstances où se trouvent la République, la Constitution ne peut être établie ; on l'immolerait par elle-même, elle deviendrait la garantie des attentats contre la liberté parce qu'elle manquerait de la violence nécessaire pour les réprimer.
Le gouvernement présent est aussi trop embarrassé. Vous êtes trop loin de tous les attentats ; il faut que le glaive des lois se promène partout avec rapidité, et que votre bras soit partout présent pour arrêter le crime.
Il est impossible que les lois révolutionnaires soient exécutées si le gouvernement lui-même n'est constitué révolutionnairement.
Vous ne pouvez point espérer de prospérité si vous n'établissez un gouvernement qui, doux et modéré envers le peuple, sera terrible envers lui-même par l'énergie de ses rapports : ce gouvernement doit peser sur luimême et non sur le peuple. Toute injustice envers les citoyens, tout acte de trahison, toute indifférence envers
la patrie, toute mollesse y doit être souverainement réprimée.
Il est intéressant d'observer dans son rapport suivant combien son internationalisme est peu développé :
Il est impossible que l'utilité des rapports du droit des gens soit toujours réciproque. Nous n'avons dû considérer premièrement que notre patrie. On peut vouloir du bien à tous les peuples de la terre, mais on ne peut, en effet, faire du bien qu'à son pays.
Votre Comité, convaincu de cette vérité, n'a vu dans l'Univers que le peuple français.
Dès lors il est au pouvoir et, qu'on le partage en trois ou en douze, c'était bien la dictature. Il est inutile de rappeler la nature de ce pouvoir, ce qu'était à cette date un membre des comités de gouvernement, du grand Comité, du Comité du Salut public de l'an II. On connaît la tâche et l'élévation de ces hommes « jetés à une distance infinie du cours ordinaire de la vie ». Quel rôle joua Salnt-Just parmi eux, que furent ses titres et sa fonction ?
Instruction publique, direction de l'esprit public, législation, police générale, répond M. Levy- Schnelder qui pénétra récemment au Comité de Salut public avec son conventionnel Jean Bon
Saint- André. D'autre part, les signatures révèlent surtout « des arrêtés concernant Tarmée et pour des incarcérations de généraux ». Un discours ^ enfin, sur les fonds secrets, nous le découvre instruit des finances et de la diplomatie comme un homme qui s'estime au centre des choses et déterminé à ce qu'elles aboutissent de toute part à lui. Son rôle au Comité semble très important si l'on considère que Robespierre disparaît volontiers, et qu'au reste, il possède entre collègues un bien moindre ascendant. Couthon n'a de valeur que par les deux autres, ne laisse à Carnot qu' « un souvenir insignifiant ». Billaud-Varennes et Collot d'Herbois sont des secrétaires accablés par la correspondance avec les sociétés populaires. On me permettra d'éliminer Bar ère. Prieur de la Marne et Saint- André, toujours en mission, ne sont pour ainsi dire plus du Comité. Restent Lindet, Prieur de la Côte-d'Or et Carnot, c'està-dire le ministre des subsistances, le mmistre de la guerre et le chef d'Ëtat-major général.
Saint- Just n'a pas été le ministre de ceci ou de cela, mais par la force des choses, par son esprit d'initiative et de détail, par son dévouement pas-