I . Aulard. Actes du Comité de S. P
Lorsque j*ai lu avec Tattention dont elle est digne, l'exposition des principes et des motifs de la constitution offerte par le Comité, j'ai cherché dans cette exposition quelle idée on avait eu de la volonté générale, parce que de cette idée seule dérivait tout le reste.
La volonté générale proprement dite, et dans la langue de la liberté, se forme de la majorité des volontés particulières, individuellement recueillies sans une influence étrangère ; la loi ainsi formée consacre nécessairement l'intérêt général, parce que , chacun réglant sa volonté sur son intérêt, de la majorité des volontés a dû résulter celle des intérêts.
Il m'a paru que le comité avait considéré la volonté générale sous son rapport intellectuel, en sorte que, la volonté générale, purement spéculative, résultant plutôt des vues de l'esprit que de l'intérêt du corps social, les lois étaient l'expression du goût plutôt que de la volonté générale...
En restreignant donc la volonté générale à son véritable principe, elle est la volonté matérielle du peuple, sa volonté simultanée, elle a pour but de consacrer 1 intérêt actif du plus grand nombre et non son intérêt passif. »
L'essai de constitution qu'il lut ensuite renseigne moins sur les idées et la mentalité de Saint- Just. Cela ressemble à ces plans de vie que se font les écoliers, en réunissant de toute part les bonnes maximes.
Les deux discours du mois de mai, à huit jours
d'intervalle, sur les subdivisions des départements et sur leurs administrations, sont très préoccupés de mesures à prendre contre le fédéralisme. Enfin le 30 mai, Saint- Just était adjoint au Comité de Salut public avec Saint-André et Couthon pour présenter les actes constitutionnels et prenait son rôle tellement au sérieux qu'Hérault de Séchelles écrivit un billet pour se faire envoyer dans les vingt-quatre heures les lois de Minos dont il avait le plus pressant besoin. Saint- Just ne pardonna jamais l'insulte à son sacerdoce, le plus grand crime en somme, dont, plus tard, il charge Hérault : « Nous nous rappelons qu'Hérault fut avec dégoût le témoin muet des travaux de ceux qui tracèrent le plan de la Constitution, dont il se fit adroitement le rapporteur éhonté^. »
A peine au Comité il sert à tout. Adjoint le 30 mai pour la Constitution, quinze jours après il est d'une commission administrative et militaire « en vue des mesures relatives aux opérations et aux besoins de l'armée dirigée contre les rebelles ». Il y est avec Delmas et Cambon. Le lendemain 16 juin, il est encore avec Cambon désigné rapporteur à la Convention sur ceux de ses membres