‹ Saint JustinChapitre 17 sur 62 · LXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVIII INTRODUCTION

les fréquents divorces, l’adultère passé en habitude, les avortements, les expositions d’enfants, l’effrayante corruplion de toutes les classes? Faut-il montrer des chevaliers romains trausformés en histrions, en bateleurs et en cochers, paraissant sur le théâtre ou descendant dans le cirque ? un Gracchus devenu gladiateur rétiaire, livrant aux divertissements de la populace le nom du petit-fils de Cornélie (1)? des femmes de race libre et de famille noble se faisant inscrire par les édiles sur le registre des courtisanes (2)? Pouvait-on imaginer un vice dont on ne fit montre et dont on ne fatiguât le ciel? ὃ

Le goût de la liberté, le sentiment de la dignité humaine, le patriotisme même, avait dès longtemps disparu. Les grands de Rome disputaient de servilité et de bassesse, et trainaient sans gloire le poids incommode de grands noms qu'ils ne savaient plus porter. Le peupie avait depuis longtemps désappris le travail de la charrue et les rudes exercices du champ de Mars. Nourris et amusés par leurs maitres (3), les descendants de Romulus pas-

(1) JuvÉNAL, Sat. I, 145; ὙΠ], 198.

(2) « Cautum ne quæstum corpore faceret cui avus aut pater aut maritus eques Romanus fuisset. Nam Vestilia prætoria familia genita licentiam stupri apud ædiles vulgaverat. » (TACITE, Ann., Il, 85.)

ES ΕΝ ΣῈ Jamdudum, ex quo suffragia nulli Vendimus, effugit curas, et qui dabat olim Imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se Continet, atque duas tautum res anxius optat Panemet circenses.#1. 0.000 . D (JuvénaL, Sat. X, v. 16.) « Sciebat, » dit Fronton en parlant de Trajan, « populum Romanum

Page 1