TROISIÈME PARTIE. — IDÉE DE CETTE PARTIE
résoudre sont les mêmes; les méthodes et les solutions sont différentes. Établir l'unité dans ce chaos de principes divers et souvent opposés ne paraît pas possible, et [6 füt-il, on n’arriverait ainsi, nous le répétons, qu’à composer de pièces et de morceaux disparates une doctrine sans réalité, sans vie, sans chef et sans nom, et contre laquelle pourraient protester ceux-là même qui en auraient fourni les éléments.
D'un autre côté, la doctrine chrétienne dans saint Justin est-elle complète, achevée, arrêtée dans toutes ses parties? A-t-on le droit de considérer saint Justin comme un des types de l’orthodoxie chrétienne? Le concile de Nicée n’at-il pas, sur plusieurs points, modifié ses enseignements, décidé ce qu’il n’avail pas admis, consolidé et affermi ce qui dans sa pensée était flottant et incertain ? Les dogmes chrétiens étaient-ils arrivés avec saint Justin à leur expression la plus précise? La négation nous semble la vraie réponse à cette question. Or, établir un parallèle entre ce qu’enseigne saint Justin et la philosophie païienne, en admettant qu’on puisse trouver la formule de cette philosophie, c’est prendre pour terme de comparaison un christianisme encore incomplet et douteux. Et si l’on veut prendre le symbole de Nicée pour l’expression vraie et exacte de la pensée de saint Justin, on lui prête arbitrairement, et en dépit des textes les plus formels et les plus explicites, une profession de foi qui n’est pas la sienne.
Notre dessein est très-modeste : il consiste simplement à. noter les analogies que saint Justin a signalées lui-même entre ce qu’il croyait et enseignait, et ce qu'à enseigné la philosophie profane par la bouche de ses meilleurs représentants, d'examiner ces analogies et de les vérifier avec exactitude.
CH. Ier, — ORIGINE ET FORMATION DU MONDE. 123
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