Justin, Apol, II. 12 et
LA CONVIiRSION DU PHlLOSOPIIli 143
pris que a os doctrines mènent à la damnation, tandis que les autres délivrent de la servitude en ce monde, nous sauvent de nombreux maîtres et d'innombrables tyrans, nous donnent non pas ce que nous n'avions pas reçu, mais ce que nous avions été empôcbés par l'erreur de conserver (1). »
Théophile parle aussi de l'impression convaincante produite sur lui par la Bible (2).
Sur les Apologistes latins, nous soiuiues moins renseignés. Iviinucius Félix nous dit seulement que, « l'ombre s'étant dissipée, il a émergé de la i)rofondeurs des ténèbres à la lumière de la sagesse el de la vérité » (3); son ami Octavius reconnaît avoir partagé les préjugés communs contre les chrétiens (4): ni l'un ni l'autre ne nous dit le motif de sa conversion. On pourrait croire seulement, d'après le discours apoloiiélique de celui-ci, que leur esprit fut favorablement impressionné par la doctrine des chrétiens et le spectacle de leurs vertus. Pour TertuUien, peut-être peut-on voir un souvenir personnel dans ce qu'il dit. de l'exemple des martyrs.
« L'obstination qu'on nous reproche a une éloquence souveraine. Peut-on être témoin de la constance d'un martyr sans être terrassé et sans chercher à résoudre l'énigme que l'on a devant soi? Peut-on entrer dans cette voie sans aller jusqu'au bout, c'est-à-dire sans se faire chrétien? (5) »