‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 105 sur 257 · PSYCHOLOGIE DE LA FOL · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE DE LA FOL

Faire de l'apologétique, si on la conçoit non seulement comme un exercice d'école, mais comme une œuvre efficace de pei-suasion, ne consiste pas uniquement à aligner d'excellentes raisons, ni même à les réunir dans une synthèse démonstrative, aussi forte qu'on la suppose. Dès lors qu'il s'agit de faire pénétrer le Christianisme dans une âme, il faut évidemment compter avec les obstacles qii'elle oppose, avec les ressources cfu'elle présente — autant de conditions subjectives qui modifient l'efficacité pratique, sinon la valeur objective, de nos arguments. Il y a donc une pédagogie préparatoire à la foi, et la foi à son tour, quand elle est entrée dans l'intelligence, y exerce une action nouvelle. Dispositions préalables et posîérieures à la foi, tel est aiïjourd'hui le domaine, de p]u< en plus fouillé, de la psychologie religieuse. Cet important problème ne s'est pas posé aux Apologiste-- sous sa forme théorique et abstraite. La question éiait trop naturelle cependant pour qu'ils pussent ne pas r,\ rencontrer quelquefois sur leur chemin. Dès lors, l'ur doctrine à ce sujet, pour incomplète et acciden'' jle qu'elle soit, est toujours précieuse à recueillir

Un (Jes points sur lesquels saint Justin se plaît à insis'et- c'est que le Christianisme peut fournir ses titre i" créance, tandis que la religion des païens ne re > e que sur des légendes sans fondement.

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« Sur certains points, nous sommes d'accord avec les plus estimés do vos poètes et de vos philosophes; sur d'autres, nous avons une doctrine plus haute et vraiment diçne de Dieu; seuls, enfin, nous faisons la preuve de nos affirmations (1)... Ceux qui enseignent, les fables des poètes n'apportent aucune preuve aux jeunes gens <iu'ils instruisent (2). »

Plus loin, il reproche aux disciples de Marciou de ne « pouvoir fournir aucune preuve eu faveur de ce qu'ils avancent » (8). Le même reproche est adressé par Théophile à la cosmogonie de Platon (4) et par Miuucius Félix à l'ensemble du culte païen (5). Donc le Christianisme a l'avantage, aux yeux des Apolologistes, de reposer sur des preuves, d'être, comme ils aiment à dire dans leur langage philosophique, une religion « raisonnable ». Et ils entendent bien que la preuve est péremptoirc. Voici les paroles par lesquelles Justin introduit l'argument des prophéties.

<v La démonstration que nous allons faire ne s'appuie pas sur des on-dit, mais sur des prophéties faites avant l'événement, auxquelles nécessairement nous devons croire; car nous avons vu de nos yeux et nous voyons encore les choses arriver comme elles ont été prédites. Cette preuve, nous l'espérons, vous paraîtra, à vous aussi, très forte et très vraie (6). »

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