Ibid., I, 12. Cf
PSYClIOI.OGIlî DE LA FOI 147
« Nous pourrions citer encore beaucoup d'autres prophéties; mais nous nous arrêterons là, persuadés que celles-ci suffisent à convaincre ceux qui ont des oreilles pour entendre et comprendre... Tous CCS faits dont nous sommes témoins peuvent à bon droit produire la persuasion et la foi chez ceux qui aiment la vérité, qui ne sont pas esclaves de l'opinion publique et qui ne se laissent pas guider par leurs passions (1). »
Justin fait lui-inC'nie l'application do ces principe.? au cas de son rival, Crescens, qu'il accuse carrément d'ignorance ou de mauvaise foi.
« Le nom de philosophe ne convient pas à un homme qui nous accuse publiquement alors qu'il ne nous connaît pas, et qui traite les chrétiens d'athées et d'impies pour plaire à une multitude égarée. S'il nous poursuit sans avoir lu les enseignements du Christ, c'est un misérable et pire de beaucoup (lue les ignorants : eux du moins se gardent souvent de juger et de calomnier ce qu'ils ne connaissent pas. S'd les a lus, il n'en a pas compris la grandeur : ou bien, s'il l'a comprise et se conduit ainsi pour n'être pas soupçonné d'être chrétien, il est encore plus lâche et misérable, puisqu'il cède à la crainte d'une opinion ignorante et insensée. Il montre par là qu'il n'est pas ami de la sagesse, mais ami de l'opinion. Car il méprise la belle maxime de Socrate : « L'homme ne mérite pas plus de respect que la vérité (2). »