De rcsurrcctionc
156 l'apologétique des apologistes
tion. Mais il ne cache pas que cette démonstration n'est pour lui qu'un pis-aller, qu'une triste mais indispensable nécessité. Chemin faisant, on le voit encore « demander pardon aux enfants de l'Eglise d'apporter des raisons ([ui peuvent paraître profanes et terrestres » (1). Devant le même sujet, Athénagore montre moins de timidité. Après aA'oir rappelé que toute vérité est entourée de multiples erreurs, obscurcie d'objections et de doutes, il définit ainsi le devoir du penseur chrétien.
« Une double tâche s'impose à lui : défendre la vérité et l'expliquer : la défendre à l'adresse des incrédules et des hésitants, l'expliquer pour ceux dont l'âme droite est disposée à l'accueillir... En soi, d'après l'ordre normal et logique de démonstration, il faut exposer la vérité avant de la défendre; mais au point de vue de l'utilité, il faut renverser les rôles. Le laboureur, en effet, ne peut pas confier utilement la semence à la terre, s'il ne l'a pas débarrassée au préalable des herbes sauvages qui nuiraient au bon grain. Le médecin ne peut pas davantage donner au corps du malade un remède salutaire, avant de le purifier du mal présent et d'en prévenir le retour. De même celui qui veut enseigner la vérité ne peut pas convaincre quelqu'un en l'exposant, si une fausse doctrine quelconque se trouve au fond de l'intelligence de ses auditeurs et fait obstacle à sa parole (2). »
En conséquence, il réfute d'abord les objections