‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 172 sur 257 · IhiiL. 56. Cf. 26 et · texte numérisé non relu

IhiiL. 56. Cf. 26 et

Ll'. l'I.AN l'UOVIDKNilKl. DU SALUT 227

Dieu, cependant, n'a pas abandonné rhnmanité; mais il a doiuié une loi et il a envoyé les Prophètes pour prêcher et instruire les hommes, afin que chacun de nous se réveille et reconnaisse qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Ils nous ont appris à fuir l'idolâtrie, l'adultère, le meurtre, la fornication, le vol, l'avarice, le parjure, la colère, et toutes sortes d'incontinence et d'impureté, de manière à ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît. Ainsi, celui qui pratiquerait la justice éviterait les châtiments et recevrait de Dieu la vie éternelle (1).»

Pour tous les Apologistes, ce qui fait la supériorité des Prophètes, c'est qu'ils ne parlent pas en hommes, mais assistés et guidés par Dieu.

« Quand vous entendez les Prophètes s'exprimer comme en leur propre nom, ce ne sont pas ces hommes inspirés qui parlent d'eux-mêmes; ne le croyez pas, mais le Verbe divin qui les meut (2). ... Ils n'ont pas eu besoin des artifices du langage, ni de savantes discussions; ils n'ont eu qu'à s'offrir purs à l'action de l'Esprit de Dieu, pour que ce plectre divin descendu du ciel, se serv^atit de ces âmes justes comme d'une cithare ou d'une lyre, nous révélât la connaissance des mystères de la divinité (3). »

1. Théophile, ad Antolyc, II, 34. Cf. III. 17. Voir aussi Tatie.n-, Oratio, 12, 13, 29.

2. Justin, Apol., I, 36. Cf. 31, 33 et 35. Justin proclame hautement la parfaite inerrance de l'Ecriture. Dialog., 65.

3. Cohortatio, 8. Cf. 12. La comparaison est d'ailleurs classique. Cf. Athénagore. 7; Théophile, II, 9.

De tous ces oracles, saint Justin a surtout retenu les prédictions messianiques; mais l'auteur anonyme lie VExhortotion aux Grecs signale l'impurtance toute particulière de la révélation de l'unité divine faite au buisson ardent (1); et Théophile, en même temps qu'il raconte, d'après la Genèse, l'histoire du monde, insiste sur la morale sublime des Prophètes (2). Mais, dans les desseins de Dieu, tout cela n'était encore qu'une préparation à la mission de Jésus-Christ. C'est lui qui devait apporter aux honunes la révélation complète et définitive du Verbe ; c'est lui et lui seul tpii allait réaliser le salut de l'humanité (3). L'Epîtrc à Diognète développe avec beaucoup d'élévation et (l'éloquence le sens de cette économie providentielle.

« Qui, parmi les hommes, connaissait Dieu avant son avènement'?... Dieu cependant, le maître et le créateur de toutes choses, qui a tout fait et tout ordonné, s'est montré plein d'amour et de patience pour les hommes. Car il a toujours été tel, il l'est et le sera encore, miséricordieux et bon, doux et vérace; il est même le seul à être bon. Il conçut donc dans son esprit quelque chose de grand et d'ineffable, qu'il communiqua seulement à son Fils. Ainsi, tant qu'il gardait caché son dessein de sagesse, il paraissait nous négliger et ne prendre aucun soin de nous. Mais quand il a découvert et révélé par son Fils chéri ce qui était préparé depuis le commencement, il nous a permis tout à la fois et de jouir de ses bienfaits, et de le voir et de le toucher. Q^ii ^(^ nous aurait attendu cela"?

» L'économie du salut étant ainsi réglée avec

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