‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 174 sur 257 · JESUS-CHRIST ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

JESUS-CHRIST ET SON ŒUVRE

Bien souvent déjà, au cours des précédents chapitres, même quand nous n'avons pas rencontré sous la plume des Apologistes le nom de Jésus-Christ, nous avons pressenti son influence au fond de leur pensée. Si cependant l'on veut savoir au juste quelle importance ils ont attachée à son rôle et quelle conception ils ont eue de sa personne, il n'est peut-être pas de point sur lequel, dans l'ensemble, nos auteurs nous offrent moins de renseignements. Et, comme il s'agit d'un point essentiel, cette lacune n'en est que plus frappante. «La christologie ne rentrait pas dans le cadre de la discussion des Apologistes contre les païens. Aussi est-elle chez eux fort pauvre (1). » Encore n'est-ce pas assez dire; car, chez quelques-uns d'entre eux, elle est tout à fait absente. Tatien ne présente que deux allusions lointaines à l'Incarnation et à la mort du Fils de Dieu. Athénagore et Théophile, qui s'étendent longuement sur la doctrine métaphysique du Verbe, ne disent pas un mot du Christ historique. Minucius Félix passe également l'un et l'autre sous silence. Il y a là évidemment une tactique, qui, pour étrange qu'elle paraisse, s'explique suffisamment par le point de vue apologétique auquel nos auteurs se sont placés. Saint Justin fait heureusement exception. Non pas qu'il ait sur l'Incarnation une théologie complète; mais de ses nmltiples affirmations, si l'on y joint quelques phrases éparses dans les Apologistes de second rang, se dégage une doctrine sur la personne de Jésus-Christ et de son œuvre.

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