INTRODUCTION XXV
règle du tfeiuo, encore est-U que saint Justin y fait exception, et par cette exception confirme bien notre thèse. Parmi tous les Apologistes, eni effet, son œuvre d'apologiste est la plus étendue, et celle qui a le plus de portée philosophique;! mais, en même temps, les articles de la foi dogmatique sont par lui si nettement proposés, qu'on devrait, en bonne justice, moins négliger son exceptionnel témoignage.
Non pas que saint Justin n'ait beaucoup en commun avec les autres Apologistes. Lui aussi, il proclame l'unité, la monarchie et la transcendance de Dieu. Il insiste tant sur le rôle cosmologique du Logos, qu'on est en peine de le justifier de tout reproche de subordinatianisme, et qu'on n'a pas craint de faire de lui mi précurseur du semi-arianisme (1 1. Pour lui, également, le mal consiste surtout dans l'ignorance, et, par suite, l'action salutaire du Logos est surtout dans l'ordre de la connaissance. Les prophètes d'Israël ont été les porte-paroles du Logos, mais c'a été aussi, encore qu'à im moindre degré, le privilège des philosophes de l'antiquité grecque. Cette conception large de la révélation divine conduit Justin à se montrer sévère pour lé judaïsme, dont les rites ne lui paraissent recevables que comme une forme religieuse inférieure et caduque, comme une institution qui n'avait d'autre fin que l'éducation d'un peuple charnel et brutal, ni d'autre valeur que celle de figure de la foi k venir. Car aujourd'hui le Logos s'est manifesté aux