‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 20 sur 257 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

ses yeux, la corruption de la vérité divine, l'hérésie. Contre les Ebionites, il affirme la divinité du Christ; contre «certains» qu'il ne nomme pas, précurseurs du monarchianisme, il affirme la distinction réelle des personnes divines ; il va jusqu'à conserver, et malgré les divergences qu'il constate et croit permises, la vieille croyance au millénarisme (1). On voit s'il a le souci d'être de l'Eglise et dans la tradition.

Allons plus au fond. La divinité du Christ n'est pas pour saint Justin une suite métaphysique du rôle du Logos; elle est une intérence du fait chrétien, confirmé par les prophéties de l'Ancien Testament. Justin connaît les principaux traits de la vie humaine du Sauveur, sa conception virginale, ses miracles, sa passion, sa résurrection, son ascension. Il insiste sur les souffrances du Sauveur, qui sont contre les docètes la preuve de son humanité. Sans négliger le rôle bienfaisant et nécessaire de sa doctrine, Justin, après saint Paul, rappelle la valeur expiatoire et rédemptrice de sa mort. Il sait la valeur salutaire de la foi et des œuvres, et pareillement celle du baptême, qui purifie et illumine l'homme pêcheur, de l'eucharistie qui renouvelle le sacrifice de la croix et nourrit le fidèle de la chair du Sauveur. Une même société, à la fois spirituelle et visible, unit en un seul corps les fidèles dispersés dans le monde : et c'est même en considération de ce

1.' On ne saurait mieux faire pour la justification de ces diverses assertions que de renvoyer au livre du R. P. Feder, qui est la plus récente et la meilleure étude que nous ayons <le la dogmatique de saint Justin.

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