Justin, ApoL, I
l'avons en réalité brillant dans son orbite. Cette idée est peut-être venue de ce fait que nous prions tournés vers l'Orient. Mais la plupart d'entre vous, dans leur ardeur à vénérer les corps célestes, remuent leurs lèvres dans la direction du soleil levant. De même si nous fêtons le jour du soleil — c'est d'ailleurs pour une tout autre raison que pour honorer le soleil — nous venons après ceux qui consacrent le jour de Saturne à manger et à ne rien faire, et qui sont eux-mêmes les imitateurs inconscients d'une coutume juive.
» On a encore répandu naguère en cette ville une nouvelle représentation de notre Dieu, depuis que je ne sais plus quel gladiateur mercenaire a fait circuler une caricature avec cette inscription : « Le Dieu des chrétiens, 'Ovoxotryic ». Il est représenté avec des oreilles d'âne et des ongles aux pieds, tenant un livre et revêtu de la toge. Nous avons ri du nom et de l'image. Mais ce sont les païens qui auraient dû adorer aussitôt cette divinité à double face, eux qui reconnaissent des dieux avec des têtes de lion ou de chien, avec des cornes de bouc ou de bélier, des dieux qui sont boucs à partir des reins et serpents à partir des jambes, des dieux qui ont des ailes aux pieds ou sur le dos. Réfutation surabondante que nous avons voulu faire pour n'avoir pas l'air de nous avouer coupables en laissant le moindre bruit sans réponse (1). »
Cette dernière phrase de Tertullieii peut être considérée comme le principe qui guida la conduite des