LES CALOMNIES POPULAIRES H
les objets mêmes qui vous tombent sous les yeux. Réfléchissez, en effet, et voyez si rien dans le inonde peut exister ou se soutenir sans ce signe. On ne peut fendre la mer, si ce signe glorieux, qui s'appelle ici la voile, ne reste intact sur le vaisseau ; on ne peut pas davantage labourer la terre sans lui. Les terrassiers ne peuvent faire leur travail, ni de même les manœuvres, sans des outils qui affectent cette forme. L'homme même n'a un aspect différent des animaux sans raison que parce qu'il est droit, qu'il peut étendre les mains et qu'il a sur le visage, au-dessous du front, un nez proéminent, qui sert à faire respirer l'animal et qui ne représente rien d'autre que la figure de la croix... Vous avez aussi parmi vous des signes qui expriment la puissance de la croix, je veux dire les étendards et les trophées, qui vous accompagnent partout en public, et où vous mettez le symbole de votre empire et de de votre puissance, sans prendre garde à ce que vous faites. Chez vous encore, quand les empereurs sont morts, c'est sous cette forme que vous consacrez leurs images et que, dans les inscriptions, vous les proclamez dieux (1). »
Tertullien rapporte et réfute d'autres calomnies relatives au culte des chrétiens.
« D'autres, plus humains et plus sensés, croient que notre Dieu, c'est le soleil. Si c'est vrai, nous ressemblons aux Perses, quoique nous n'adorions pas le soleil peint sur une toile, quand nous