Ihid., 39-41. Cf. Turmel. op. cit. p
monde sans nous priver ni du forum, ni du marché aux provisions, ni des bains, des tavernes, des boutiques ou dos hôtelleries, ni de vos foires et autres relations. Avec vous, nous nous livrons à la navigation, à l'art niilitaire, aux travaux agricoles; par suite, nous trafiquons ensemble et nous donnons au public pour votre usage le fruit de nos travaux. Comment pouvons-nous paraître inutiles cà vos affaires, puisque nous vivons avec vous et de vous? En vérité, je ne le sais.
» ... Il y a cependant, j'en conviens sans peine, plusieurs catégories de gens qui peuvent se plaindre avec juste raison do l'improductivité des chrétiens. Ce sont d'abord les entrepreneurs de débauche et tous leurs employés ; puis les sicaires, les empoisoimeurs et les mages ; enfin les haruspices, les sorciers et les mathématiciens. Mais être inutiles pour eux, n'est-ce pas une grande utilité? (1) »
Eîifin Tertullieu montre rapidement la valeur sociale de la morale chrétienne (2).
Dans ces appels éloquents à la liberté et surtout dans le sentiment qui les inspire, on sent déjà percer plus d'une fois l'idée que les empereurs ont vraiment bien tort de persécuter les chrétiens qui pourraient être les meilleurs auxiliaires de leur pouvoir. Cette idée d'un accord proWdentiel entre le Christianisme et l'Empire est ex])ressément développée, vers la fin du règne de Marc-Aurèle, par l'apologiste Méliton.
« Oui, c'est vrai, notre philosophie a d'abord