Apol, I
92 l'apologétioue des apologistes
Au même endroit, Justin cite un cas d'emprunt. « Quand Platon a dit : « La faute est à celui qui choisit, Dieu n'y est pour rien », il a emprunté cette parole au prophète Moïse : car Moïse est plus ancien que tous les écrivains grecs. » Plus loin, il rapporte des exemples plus nombreux et plus étranges.
« C'est à nos docteui'S, nous voulons dire à l'enseignement des Prophètes, qne Platon emprunte sa doctrine, qaand il enseigne que Dieu transforma la matière informe pour en faire le monde. Pour vous en convaincre, écoutez les propres paroles de Moïse, le premier des prophètes et plus ancien que les écrivains de la Grèce, comme nous l'avons déjà dit. Par lui l'Esprit prophétique déclare en ces termes de quelle manière et de quels éléments Dieu fit le monde à l'origine. « Au commencemeïit, Dieu fit le ciel et la terre. Or la terre était invisible et informe, et les ténèbres étaient sur Vabîme... » Ainsi donc, le Verbe de Dieu tira le monde entier de cette matière confuse dont parle Moïse; c'est de lui que Platon l'a appris, ainsi que tous ceux qui partagent sa doctrine, et nous avec eux : vous pouvez vous-mêmes vous en rendre compte. Nous savons aussi que ce que les poètes appellent Erèbe se trouve déjà chez Moïse.
» De même, lorsque Platon, dans le Timée, cherche dans la nature ce qu'est le fils de Dieu et s'exprime ainsi : « Il l'a imprimé en X dans l'univers », c'est à Moïse qu'il prend cette notion. Dans les livres de Moïse, en effet, il est écrit que, dans ce temps-là, lorsque les Israélites sortirent d'Egypte et se trouvèrent dans le désert, ils ren-