‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 70 sur 257 · Ihid., II. 8 et · texte numérisé non relu

Ihid., II. 8 et

LF. CHRISTIANISMF. ET LA PHILOSOPHIE 91

Mais du monieut qu'ils se contredisent sur les points les plus importants, ils montrent bien qu'ils n'ont pas une science supérieure ni mie connaissance irrépréhensible. En tous cas, tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient à nous, chrétiens. Car après Dieu, nous adorons et aimons le Verbe qui est né de Dieu... Tous les écrivains ont pu voir obscurément la vérité, grâce à la semence du Verbe qu'ils possèdent innée en euxmêmes. Mais autre chose est de posséder une semence et une image proportionnée à ses facultés, autre chose le Verbe lui-même dont nous avons par sa grâce la jouissance et l'imitation (1). »

Saint Justin no s'est pas contenté de cette interprétation large et sympathique de la philosophie païenne et des éléments de vérité qu'elle renferme. Il ajoute une explication historique, déjà courante dans l'apologétique judéo-alexandrine, d'après laquelle c'est à la Bible que les païens auraient pris ce qu'ils ont connu de vérité.

« Tout ce (jue les philosophes et les poètes ont dit de l'immortalité de l'âme, des châtiments qui suivent la mort, de la contemplation des choses célestes et autres doctrines semblables, c'est chez les prophètes qu'ils en ont pris les principes, et c'est ainsi qu'ils ont pu les concevoir et les énoncer. Chez tous donc, on trouve des semences de vérité ; mais ce qui prouve qu'ils n'ont pas exactement compris, c'est qu'ils se contredisent eux-mêmes (2). »

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