Ibid.. 49. Cf. 36-37 et
120 l'apologétique des apologistes
ne se laissent pas guider par leurs passions (1).»
Pour avoir toute la pensée de Justin sur les prophéties, il faut encore ouvrir le Dialogue avec Tri/plion, où il répète, développe et complète, à l'adresse des Juifs, le même argument fondamental. ]\Iais ici son ai'gumentation se fait plus stricte; car il parle à des .Tuifs qui admettent le caractère di\nn et symbolique des Ecritures, et en même temps il lui faut se défendre contre leurs objections et leurs préjugés. Tout revient à démontrer que Jésus est le Messie. Pour répondre à la première et plus gra^^ difficulté, Justin prouve, à l'aide du ch. 53 dlsaïe et de divers Psaumes, que l'Ecriture annonce deux avènements du Messie (2). Il montre ensuite que Jésus, et lui seul, a réalisé le portrait messianique tracé par les Prophètes. Suivant l'oracle d'isaïe (xl, 1-17) il a eu pour précurseur Jean-Baptiste (3); suivant la prophétie de Jacob, son avènement coÏJicide avec l'extinction en Israël de la vie religieuse et de l'indépendance politique.
« Jamais, dans votre race, le prophète ni le chef n'ont fait défaut, depuis ses origines jusqu'au jour où Jésus-Christ est venu naître et souffrir : vous n'avez pas l'impudence de l'affirmer, vous ne sauriez en fournir la preuve. [Vous dites bien] qu'Hérode était Ascalonite; mais vous aviez encore un grand-prêtre. Ainsi vous pouviez présenter vos offrandes siiivant la loi de Moïse et accomplir les autres prescriptions légales ; les prophètes se sont succédé jusqu'à Jean : votre situation était la même que lorsque le peuple juif fut exilé à Babylone, chassé de