LIV INTRODUCTION
associations illicites. Il ordonne de punir de mort les chrétiens convaincus et obstinés. Désormais, la profession de christianisme est un crime d’État, et les chrétiens des ennemis publics. Il ne sont soustraits au déchainement de la vile multitude et aux condamnations sommaires que pour être traduits régulièrement devant les magistrats et répondre devant la loi de ce qui est, aux yeux des juges, une révolte contre la société, un outrage à la majesté de l’empereur et un attentat contre la constitution de l’État.
Le rescrit d’Adrien à Minucius Fundanus ne change rien à la situation politique des chrétiens. L'empereur ne veut pas qu’on les recherche ; il ne souffrira pas qu’on accuse et qu'on frappe à la légère des citoyens paisibles et innocents. Les délations ne seront pas reçues : les calomniateurs seront punis sévèrement ; les magistrats devront se garder d’un zèle intempérant et mépriser les vaines clameurs de la foule assemblée dans les cirques. Cependant, s’il n’est pas poursuivi avec acharnement, il ne faut pas croire que le christianisme soit toléré; et si ses adhérents échappent au glaive, il reste suspendu sur leur tête. Sous Adrien comme sous Trajan, le christianisme demeure hors la loi. Toute paix lui est une trève qu’il doit au caractère propre du prince, et non à la législation.