‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 37 sur 96 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

peuple se soulevait encore quand, après la mort de Pedanius Secundus, préfet de Rome, assassiné par un : de ses esclaves, il était question d'appliquer la loi et de conduire au supplice quatre cents esclaves innocents. Qu'’était-ce que cette émeute, sinon une protestation de la conscience populaire. contre une loi farouche que les mœurs publiques réprouvaient ? Force resta à la loi dans cette circonstance; mais les murmures du peuple ameuté, menaçant, armé de pierres et de torches (1), la frappèrent de mort. Le même fait se renouvela sous Trajan. Largius Macédon, ancien préteur, fut tué par ses esclaves dans sa salle de bain (2). La loi dont nous parlons n’était pas abrogée ; il ne paraît pas, cependant, qu’elle fut appliquée. Lors donc qu’Alexandre Sévère réduisit le droit des pères sur leurs enfants à de simples corrections, lorsqu’Adrien statua que désormais, quand un maître aurait été tué par un de ses esclaves, la peine de mort ne s’étendrait qu’à ceux des esclaves qui, attachés par leurs fonctions auprès de leur maitre, auraient pu prévoir le danger et le secourir; lorsqu’allant plus loin encore, il dépouilla complètement les maîtres du droit de vie et de mort sur leurs esclaves (3), ils ne firent autre chose

Cæsaris auctoritas, infestis tam patrum quam filiorum manibus eripuit. » (SÉNÈQUE, De Clementia, |, 15.)

(1) TACITE, Annales, XIV, 42, 43, 44.

(2) PLINE LE JEUNE, Leltres, liv. 111, {4.

(3) « Servos a dominis occidi vetuit, eosque jussit damnari per judices, si digoi essent. » (SPART., Vif. Adriani, p. 80.)

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