‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 52 sur 96 · IDÉE GÉNÉRALE DE CETTE PARTIE · texte numérisé non relu

IDÉE GÉNÉRALE DE CETTE PARTIE

ses parties. Son esprit est un et facile à saisir, tout s’y tient et s’y enchaîne avec rigueur. YŸ a-t-1l de même une philosophie paienne ? Ne serait-ce pas entreprendre une œuvre de fantaisie que de vouloir l’exposer systématiquement ? On a souvent opposé, il est vrai, on oppose encore chaque jour le christianisme au paganisme, pour montrer l’excellence du premier. Rien n’est plus aisé et ne prêle davantage à l’amplification oratoire. Mais qu’entend-on par ce mot vague : paganisme ? Est-ce une religion ? est-ce une philosophie, et laquelle? Est-ce une doctrine homogène dont les éléments sont liés étroitement ensemble et relèvent de certains principes incontestables ? Le paganisme est-il le même à l’époque d’Orphée, de Numa et des Antonins, le même en Asie-Mineure, en Grèce et à Rome ? Les systèmes d’Épicure, de Platon et des stoiciens, si différents, comme on sait, sont-ils compris dans ce mot? Et si, laissant de côté les institutions et les pratiques religieuses du paganisme, on se contente de parler de la philosophie païenne, trouvera-ton une doctrine qui réponde à cette expression générale ? Il faudra l’imaginer. On combinera avec plus ou moins d’art tous les éléments et tous les principes des diverses écoles philosophiques de l’antiquité pour en former un système, sans songer qu'on n'arrive ainsi qu'à une doctrine abstraite, arbitraire et fantastique. Ou bien on fera un choix el on prêtera à l’antiquité telle ou telle doctrine particulière. Les amis de l’antiquité exposeront la doctrine de Platon comme le vrai type de la philosophie païenne ; ses ennemis, la doctrine d’Épicure. Il n’y a pas de doctrine philosophique païenne : il y a tel ou tel système de métaphysique et de morale. Les différences et les oppositions sautent aux yeux. Dans toutes les écoles, les questions à

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