‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 55 sur 96 · RAR ARR AA · texte numérisé non relu

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(1) Adyw Beoû. . . . yeyevñabae Toy mavra xoauov, xai IIérowv, xai om Taëra }éyovres, xai nusis éuxdousv. (Apol. 1, $ 59, p. 138.)

Tov 0eov dux Aoyou Tov x0œuov mouñoa Éyvwaav (Apol. I, 8 63, p. 132. )

(2) M. Otto (De Just. scripl., p. 130) explique de cette façon lessæ texte embarrassant que nous avons cité, &yabôv ôvrx Omuoupyñoa———"t abrôv (0eoù duov) EE œusppou Ülnç (quæ ipsius Toù Geoû rpayuareix est) Voilà deux parenthèses bien commodes. Il y affirme ce qui est en ques——— tion, et cache dans cette dernière la doctrine de la création. Mais c'es! à Dieu, et non au }0y0;, que saint Justin attribuc toujours la productio a du monde. C’est Dieu qu'il appelle toujours zatip, TOmTrç, Jevvétu =, Onproupyoç TOUŸE ToÙ æavros, et non le Fils, orgaue subalterne des vos” lontés du Père.

(3) O Àiyos Ev dpyñ yevvnOeis àvreyévenos Ty xa0" dus rocicrme”) adTog Éauré Tiv Ulny Onpuoupyñauc. . . . OÙTE Yap Aavapyoç à Ve xafärep 0 Oeiç, oùd8 Jux TO Gvapyov nat adtn icodtvauos To bre yevvarn 6 xx ox Um Trou GAdou yeyovuix, piyou dE UTO TOÙ TENTE 7 Onuoupyoù rpo6e6nuévn. (TATIEN, Oratio ad Græcos, ch. 5, p. 26, éd- Otto.) |

(4) Iläcav Eoriv dei Toû xoquou Tv xaTaoxsunv, CÜUTATÉY TE TE

Est-ce au Père, est-ce au Verbe que Tatien attribue la formation du monde et la création de là matière? La chose est douteuse, et le premier passage que nous avons cité décide la question en faveur du Verbe. Quoi qu'il en soit, et quand il serait évident que Tatien professe nettement la doctrine de la création, qu’en peut-on conclure pour saint Justin? Les disciples ne ressemblent pas toujours à leur maitre. Il s’en faut que saint Justin eût avoué toutes les opinions de son élève; on sait qu’il n’est rien de plus opposé que l’esprit qui anime les deux écrivains. L’un a pour la philosophie profane une complaisance telle qu’il ne craint pas d’invoquer à chaque instant son témoignage, de mettre la main sur les vérités qu’elle a conquises, et de les proclamer chrétiennes; bien plus, de reconnaître quelques-uns de ses maitres pour ses frères en Jésus-Christ. L'autre condamne en bloc toute l’œuvre des philosophes païens et se déchaine constamment contre eux avec une passion, une violence et un aveuglement sans égal.

Rien donc de moins légitime que de juger de la doctrine de saint Justin par celle que Tatien a enseignée.

Nous pouvons donc considérer comme démontré que saint Justin pense comme Platon sur la question de lorigine et de la formation du monde. Pour l’un comme pour l’autre, Dieu est l’auteur et le père du monde; mais, à parler rigoureusement, il n’est pas créateur. Saint Justin n’a pas pris soin de s'expliquer, comme Platon l’a fait, sur la nature de la matière préexistante à l’action divine. Il nous laisse entendre qu’il la regarde comme quelque chose

moënory yeyovuiav &ë ÜAns xai Tnv UAnv 06 œÙTnv Uro TuÛ Beoù rpoGs- SAnpévnv. (TATIEN, Oral. ad Græc., ch. 12, p. 62, éd. Otto.)

136 Ille PART. — CH. Ier. — DE L'ORIGINE DU MONDE.

d’informe, et rappelle sur ce point les expressions du premier chapitre de la Genèse. Il ne paraît pas voir dans ce récit la doctrine de K création que plusieurs y ont trouvée, mais seulement l’histoire du débrouillement d’un

chaos primitif.

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