S. MATTH., X, 5, G
(6) S. MATTH., xV, 24, 26.
CH. ler. — PREMIÈRES PERSÉCUTIONS. IX
caractère, ne songeaïent pas d’abord à précher l'Évangile hors de la Palestine. À leurs yeux, la loi nouvelle n'était pas une abrogation de l’ancienne. Ils se rendaient chaque jour au Temple et continuaient d’observer exactement les prescriptions formelles de la loi de Moïse (1). Saint Pierre lui-même semblait renouer la tradition des anciens prophètes, quand, dans la première chaleur de son enthousiasme, il fulminait des menaces contre ceux qui refuseraient d'écouter les leçons du Christ (2).
Les disciples de Jésus sortaient des entrailles mêmes de la nation juive. Juifs et chrétiens étaient frères par la communauté d’origine, de mœurs et même de croyance . et de pratiques religieuses. Tous invoquaient et adoraient de la même manière le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob. Tous portaient sur leurs corps ce signe d'élection qu’il avait jadis donné à son peuple, la circoncision. Les mêmes fêtes les appelaient et les réunissaient au temple. Ils prenaient part aux mêmes cérémonies. Quelle différence y avait-il au premier jour, aux yeux même des apôtres et des premiers fidèles, entre la doctrine nouvelle et la loi ancienne? Une seule, à ce qu’il nous semble : la croyance que Jésus, fils de Marie, était le Messie, celui-là même que toute la nation attendait, et qui devait fonder le nouveau Royaume. Quel était ce royaume ? La plupart l’ignoraient et ne comprenaient les promesses de Jésus
(4) S. Luc, xxiv, 55; Acles des Apôtres, n, 46 ; 11, 1. (2) Actes des Apôtres, 111, 23.