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(1) Isaïe, 1, xvr, 20, cité par saint Justin, Apol. 1, $ 61, p. 144.
{2) Apol. I, 8 61, p. 144. — Ce passage se trouve dans saint Jean, NII, 111, 5; mais les deux versets de saint Jean sont un peu différents de la citation qu’en fait saint Justin.
(3) Kai ro outpov On Todro æxougavres où aiuoves Juà Toù mpopirou
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Et de même lorsque le chrétien nouvellement initié a reçu l’aspersion régénétratrice du baptême, on lui distribue commé aux autres fidèles du pain, du vin et de l’eau consacrés par des actions de grâces... C’est ce que les mauvais démons ont essayé d’imiter dans les mystères de Mithra. Vous savez ou vous pouvez savoir que, dans la célébration de ses mystères, on présente à l’initié du pain et de l’eau sur lesquels certaines paroles sacramentelles ont été prononcées (1).
Ainsi le Baptême et l’Eucharistie des chrétiens ne sont pas choses nouvelles : le Baptême, selon saint Justin, est tout à fait analogue aux ablutions et aux lustrations si fort en usage dans la religion païenne ; et l’Eucharistie à la distribution du pain, du vin et de l’eau consacrés, qui était une des cérémonies du culte de Mitbra.
Longtemps avant l'ère chrétienne, on avait dit que l’âme pure peut seule communiquer avec Dieu, et qu’il ne convient pas à l’homme de bien, et encore moins à Dieu, de recevoir les dons que lui présente une main souillée de crimes. On avait dit qu’il faut s’approcher des autels avec un cœur pur. Or, en tout temps et en tout pays les ablutions ont été regardées comme les signes extérieurs de la purification de l’âme (2). Voilà l’origine des
xExNpUYUÉVOY Évipynouv xt pavtibety ÉxuTOUS Toùs els T@ Leo aÙtén éruéaivovtas nat mpocrévar aûtois méAloytas, Roc xai rviouç &rnte- AoüvTas” Téheov 6 xat houeoOar ameivras rptv éABeïv Émt Ta lepa, Evha LOpuvta, éveoysüauv. (Apol. 1, 8 62, p. 146.)
(1) Op xat Éy TOis TOÙ Miô0x muaznpiows FapÉdWYAY ‘LEO ar uruxaœuevor 0! rovnoot Oaiuoves" GTL Yap Apros xx Toriproy VO xTOS TÉBET Ou raiç Toù puoupévou TeleTais, pet” Émehoyoy Tevoy, n Ériotamhe ÿ uabsis JuvaaGe. (Apol. I, 8 66, p. 158.) | (2) « Corporum lustratio symbolica fuit ceremonia interiorem animæ purgationem adumbraus. » (J. LOMEIER, De lustrat. Veter. Gentil. p. 195.)
lustrations et des purifications par l’eau pure ou salée qui étaient d'usage dans la religion juive et dans la religion paienne. Il n’est pas besoi de chercher des inventeurs et des plagiaires.
Le baptême chrétien a-t-il un sens mystique plus profond ? Ce n’est pas, comme on sait, une simple aspersion d’eau lustrale, c’est le symbole de la régénération morale: c’est la marque de l'initiation au christianisme. Nul n’est chrétien qui n’a reçu la sainte aspersion. Les lustrations et les purifications par l’eau avaient le même sens dans la religion paienne.
On se purifiait avec de l’eau consacrée avant de prendre part à un sacrifice, avant d’assister à une cérémonie religieuse, avant même de pénétrer dans l'intérieur du temple. Templa cum adire disponitis, dit Arnobe (Advers. Gentes, liv. va), ab omni vos labe puros, lautos, castissimosque præslalis (1).
Des lustrations plus ou moins répétées précédaient aussi l'initiation aux mystères sacrés.
Avant d'admettre aux mystères, les Gentils soumettent Vinitié à des ablutions lustrales, pour le purifier comme il convient de faire à des hommes qui abandonnent l'erreur et l’impiété pour embrasser la vérité (2). Toute initiation ‘commence par des purifications publiques et secrètes (3).
(1) Tôv puotnpiov Toy rap’ E lAnotv ape péy Ta xaÜapoux, x20aTen | ka Toig Bapédoou To \oütoov. (CLÉM. d'Alex., Strom., liv. v.)
Voir le chap. xvi de l’ouvrage cité plus haut, De lustral. Veler. Gent.
(2) Erat xzi rpù Tiç pUTTNp iv TapaÎTTEwS XABAPLOUS TLVQS TPOGEYELY rois pusioôar péxloudey GÉvodory cç Oéoy Thy Gfeov ànobeuévous G0Euv, ért Try &Ân0û rpérecôar mapadoouw. (CLÉM. d’Alex., Strom., liv. V1.)
(3) Ey rois depois dyobyTo pv a! navônuor xaÜdpasts tra RL TAUTas ai ænoppntorTeoa esta Tavras (Olympiodore.)
992 Ille PART. — CH. VI. — MYSTÈRES ET RITES
Avant d’être initié aux mystères d’Isis, Apulée passe par les ablutions ordonnées (1). Il en était de même dans les mystères d'Osiris et dans ceux de Mithra (2). Tertullien l’atteste dans son traité du baptême, tout en déclarant qne les lustrations paiennes sont sans vertu, et que c’est dans le seul baptême chrétien que l’âme est lavée et purifiée par l’eau répandue sur le corps (3). Ailleurs, il déclare que c’est le diable qui a pris à tâche d’imiter dans les mystères des faux dieux les saintes cérémonies de la religion chrétienne. « C’est lui qui plonge aussi « dans l’eau ses adorateurs et leur fait accroire qu’ils « trouveront dans ce bain l’expiation de leurs crimes ; il « marque au front les soldats de Mithra lorsqu'on les « initie; il célèbre l’oblation du pain (4). »
Il ne s’agit pas ici, on le comprend, de comparer la vertu des lustrations chrétiennes et la vertu des lustrations paiennes, mais seulement de signaler avec saint Justin, et après lui, l’analogie de ces rites considérés en eux-mêmes, en ajoutant que bien longtemps avant l'institution du baptême chrétien, l’eau lustrale servait aux purifications et aux initiations religieuses dans la religion païenne. Or, on sait que l'initiation seule donnait le droit de prendre part et d'assister aux mystères sacrés, et que c'était un
(4) « Jamque tempore, ut aïebat sacerdos, id postulante, stipatum me religiosa cohorte deducit ad proximas balneas ; et prius sueto Jsvacro traditum præfatus Deum veniam purissime circumrorans abluit. » (APuL., Métamorph., lib. 11.) |
(2) Tv éspov àet mpomoureue To VÔpsiov êmi Tuuñ Toù Geou. (PLUT., De Isid. el Osirid.)
(3) « Viduis aquis sibi mentiuntur: nam et sacris quibusdam per lavacrum initiantur, Isidis cujusdam aut Mithræ. » (TERT., De Bapt. ch. 6.)
(4) De præscript., xL.
sacrilége, quelquefois puni très-sévèrement (1), que de pénétrer dans le sanctuaire sans avoir été auparavant purifié. C’est le sens du mot éxûs êore Bé6nla, hors d'ici les profanes, c’est-à-dire les impurs, les infidèles, les non initiés.
On peut le dire cependant, les chrétiens n’ont pas plus emprunté l’ablution du baptême aux païens, que ceux-ci n’ont emprunté leurs lustrations aux Juifs. De pareilles institutions peuvent sortir naturellement chez plusieurs peuples à la fois, du fonds commun de l'esprit humain, sans qu'il soit nécessaire d'expliquer l’analogie par l’imitation.
Quant à l’oblation du pain et d’eau qui avait lieu après les épreuves redoutables de l'initiation aux mystères de Mithra, elle n’a avec l’Eucharistie chrétienne qu’une ressemblance tout extérieure. Et assurément la communion mitbriaque, qui se célébrait en Perse plusieurs siècles avant l’ère chrétienne, ne vient pas des chrétiens.
(1) « Athenis duo juvenes Acarnanes per initiorum dies non initiati, templum Cereris, imprudentes religionis cum cætera turba ingressi sunt,. Facile eos sermo prodidit, absurde quædam percunctantes : deductique ad antistites templi quum palam esset per errorem ingressos, tanquam ob seelus infandum interfecti sunt. » (TITE-LIVE, XxxI, 14.)
On sait comme Cicéron insiste sur la violation des mystères de la bonne déesse par Clodius.
224 Ille PART. — CH. VII. — DÉMONOLOGIE PAIENNE.
NARANPAINIIIIIIIAINNIIIIIIIINNMINANINNIIININSN