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CONCLUSIONS

Tour à tour léproserie, couvent et maison de correction, prison pour suspects, la maison de Saint-Lazare est maintenant une prison administrative et civile pour les femmes.

Elle est divisée intérieurement en deux sections : la première, judiciaire; la deuxième, administrative; la première section est celle des prévenues et des condamnées à des peines légères, la deuxième celle des filles et des insoumises reconnues atteintes de maladies vénériennes. |

Outre des cellules et des ateliers affectés aux détenues, prévenues el jugées étant d’ailleurs absolument séparées, la première section comporte une vaste infirmerie, l’infirmerie normale et une crèche. La deuxième section est surtout une infirmerie, l’infirmerie spéciale, divisée en cinq services ; mais elle donne aussi asile à des femmes non malades envoyées sur mandat administratif pour infraction à la police des mœurs ; elle sert également d’hospice pour les filles soumises.

Le service médical est important. Il comporte deux

médecins nommés au choix pour la première section ; trois médecins et deux chirurgiens titulaires, un médeein et un chirurgien adjoint pour la seconde où le re crutement se fait par concours. Les chefs de service sont assistés d’un interne ; il y a six internes nommés au concours. Les infirmières sont respectivement dans chaque section, soit des détenues judiciaires, soit d’anciennes filles qui sont dressées à cet emploi. Saint-Lazare est pourvu d'un laboratoire central et d’un dispensaire | pour le traitement des maladies vénériennes, le dispensaire Toussaint-Barthélemy qui lui est annexé tout en étant indépendant. L'enseignement médical a été tenté plusieurs fois mais a toujours été gêné par les formalités administratives. Il a été fait également avec un certain succès un dispensaire.

La journée d’une détenue est employée à des travaux de couture exécutés dans les ateliers sous la surveillance des sœurs ; les prisonnières sont revêtues d’un costume spécial; on peut venir les voir deux fois par semaine. Le régime alimentaire qui leur est imposé, s’il n’est pas très varié est physiologiquement suffisant et la cantine fournit quelques suppléments. Le régime de l’infirmerie est très substaniiel et peut être modifié par le médecin. L'hygiène générale est observée: par des ablutions quotidiennes, des toilettes et injections vaginales, des bains. Les femmes enceintes sont admises d'office à l’infirmerie et peuvent garder leur enfant jusqu’à l’âge de trois ans. :

L'état sanitaire est plutôt bon à Saint-Lazare, les épidémies y sont rares. Le rapport du nombre des femmes en carte envoyées à l’infirmerie à leur chiffre total montre que celles-ci sont moins dangereuses que les

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insoumises. En comparant la mortalité actuelle de Saint-Lazare avec celle du début du xrx° siècle, on. trouve une ditférehce énorme en faveur de l’état actuel.

Il existe, entre les détenues de chacune des deux sections de Saint-Lazare, un antagonisme frappant. Les traits principaux du caractère que l’on retrouve parmi les prisonnières sont : la tendance à la simulation, la subsistance de l'instinct de coquetterie et le besoin de protection qui se manifeste surtout sous forme de religiosité ; beaucoup sont grossièrement tatouées. La séparation devrait être encore plus absolue qu’elle ne l’est en fait et il serait préférable d’avoir une maison spéciale pour chaque catégorie de détenues.

En ce qui concerne spécialement la question de la prostitution, sont envoyées à l’infirmerie les filles soumises atteintes de maladies vénériennes, et à Saint- Lazare, comme punition, les filles soumises qui ont contrevenu aux règlements de la police des mœurs. La réglementation de la prostitution est une institution nécessaire et une mesure prophylactique indispensable. Cependant il serait à souhaiter qu’elle reposât sur des lois bien établies au lieu des ordonnances royales sur lesquelles elle s’appuie actuellement. De même il serait désirable que l'hôpital des prostituées ne fût point une prison.

L'influence morale exercée par le séjour à Saint-Lazare est absolument déplorable. C’est pourquoi des œuvres de patronage s’emploient à relever la femme déchue et souvent elles réussissent dans leur but. Leurs moyens d'action sont des visites anx prisonnières, et pour les libérées l’assistance parle travail, le placement,

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l'appui matériel et moral, le rapatriement. A l'intérieur même de la prison une action moralisatrice qui n’est pas à négliger est exercée d’une part par les sœurs et

d’autre part par la maternité. . |

Vu : le Président de la thèse Gizsert BALLET Vu : le Doyen, LANDOUZY

Vu et permis d'imprimer :

le Vice-recteur de l Académie de Paris:

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