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membres du comité visitent elles-mêmes les prisonnières, à Saint-Lazare, au dépôt; elles les patronnent, les placent à leur sortie dans l’Asile de la rue Michel-Bizot qui est commun aux deux œuvres, les rapatrient et Les suivent aussi longtemps que possible, entretenant des correspondances avec celles qui sont au loin, même les reléguées.
L'Œuvre des libérées de Saint-Lazare, fondée en 1870, 14, place Dauphine ; elle assure son patronage aux femmes et aux jeunes filles en danger de se perdre. Elle s'emploie à procurer aux libérées des établissements pénitentiaires les moyens de se relever et de se réhabiliter. Elle s’occupe avec sollicitude des enfants que ses protégées peuvent avoir à leur charge. L'œuvre fondée sur le principe de neutralité religieuse accorde son patronage sans distinction de culte ni de nationa- Jité. Elle l’exerce par des visites aux détenues, par l’hospitalité temporaire, le placement, l’assistance matérielle et morale, fournis aux libérées ; par la préservation et la protection des femmes et des jeunes filles en danger moral; par les soins, la mise en nourrice, le placement approprié suivant l’âge et la situation, la mise en apprentissage procurés aux enfants dont elle s'occupe. Ses moyens particuliers d'action sont notamment les secours en argent ou en nature, la recherche et le contrôle des placements convenables, l’entretien des relations et de la correspondance, les petits asiles temporaires où les protégées sont recueillies en attendant le placement ou le rapatriement et préparées à en profiter. L'œuvre place et surveille les femmes et les jeunes filles à elles confiées, en liberté provisoire, en liberté conditionnelle, ou en libération provisoire. Elle pos-
Ropiteau
sède à Billancourt, 216, boulevard de Strasbourg, un petit asile temporaire. Elle en fonde dans la même localité un second pour les mineures de 13 à 18 ans et devant fonctionner comme asile temporaire, petite école ménagère.
La Société générale pour le patronage-des libérés, fondée en 1874, 174, rue de l’Université, qui s’occupe indistinctement des libérés des deux sexes. Elle vient en aide aux détenus méritants, s'ils ont besoin de son concours pour obtenir la libération conditionnelle. Elle possède deux asiles temporaires, l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes. Le travail est imposé aux libérés reçus dans les asiles, mais on leur laisse chaque jour quelques heures de liberté pour leur permettre d'en chercher eux-mêmes au dehors.
Le Patronage des détenues, des libérées et des pupilles de l’Administration pénitentiaire, fondée en 1890, 21, rue Michel-Bizot, qui a pour objet le relèvement des femmes et des mineures qu'il visite dans les prisons et suit à la sortie de prison et qu’il reçoit dans un asile. Ce patronage s’exerce indistinctement sur toutes les catégories de femmes, en état d’arrestation ou de détention. Il s’occupe des mineures détenues, des libérées, insoumises, en observation ou libération provisoire. Il accepte à hospitaliser dans son asile les prévenues en cours d'instance à qui MM. les Juges d’instruction désirent éviter la promiscuité de Saint-Lazare.
L’Œuvre des petites préservées, fondée en 1892, 34, rue Claude-Lorrain, dans le but d’assurer la préservation des petites filles de moins de 13 ans,se trouvant en état d'abandon ou de danger moral, par suite de l’arrestation de leurs parents ou de leur propre arrestation
pour des délits légers, tels que vagabondage ou mendicité, mais n'ayant pas commis d’actes de nature à rendre leur contact pernicieux pour les autres enfants. Des dames de l’œuvre se mettent en rapport avec les magistrats et vont visiter les petites détenues au cours de l'instruction, lorsque le patronage paraît pouvoir s’exercer utilement; elles sollicitent la mise en liberté. Si une ordonnance de non-lieu intervient, l’enfant est admise, avec le consentement de ses parents, à l’asile et reçoit pendant le temps nécessaire une éducation morale et professionnelle. L’œuvre se charge de recueillir les enfants martyrisés par leurs parents indignes. Un vestiaire a été fondé au dépôt de la Conciergerie par les soins des dames de l’œuvre pour habiller les enfants (garçons et filles) abandonnés ou mendiants qui y sont amenés la plupart du temps en haïillons.
L’Œuvre libératrice, fondée en 1901,3,avenue du Boisde-Boulogne, qui a pour but d’aider matériellement et moralement à l’affranchissement et au relèvement des jeunes filles que des circonstances malheureuses, la misère,l’abandon ou la maladie ont jetées à la prostitution. Elle s'efforce de tout son pouvoir à délivrer de l’inscription celles inscrites sur les registres des mœurs. L'œuvre recueille dans son asile, situé 94, rue Boileau, toutes les jeunes filles qui s'adressent à elle, les garde le temps suffisant pour opérer leur relèvement moral, leur fait suivre un cours d'école ménagère qui leur permettra de se placer,ou les perfectionne dans leur métier lorsqu’elles en ont un. L'œuvre ne se sépare de ses pupilles que lorsqu'elle leur a procuré tout ce dont elles auront besoin, au point de vue du trousseau, dans leur nouvelle position, et assure à chacune un gagne-pain
L'yÈ honnête au moment de son départ. L'œuvre a déjà obtenu d'excellents résultats. KA
L'Œuvre dela Maison de travail pour le département de la Seine, fondée en 1903, 5,rue de Choisy. à Thiais, qui a pour but d'assurer dans la mesure de ses moyens l’assistance par le travail : ;
1° Aux individus déférés au petit parquet et jugés dignes d’une mesure de clémence ; :
2° Aux détenus préventivement mis en liberté, sortant des prisons de la Seine.
La durée de l’hospitalisation est limitée.
Nous ne venons de parler que d'œuvres qui nous intéressaient plus spécialement; mais il en existe encore un grand nombre d’autres. La plupart sont affiliées à l'Union des Sociétés de patronage de France, 14, place Dauphine, qui a pour but, en groupant ces sociétés, dont elle respecte d’ailleurs entièrement l’autonomie, de faciliter le placement des libérés et le sauvetage des enfants ainsi que le rapatriement, de provoquer la formation de nouvelles sociétés dans les régions où le besoin s’en fait sentir et enfin de représenter les intérêts généraux du patronage.
Aïnsi qu’on a pu le voir, un certain nombre de ces œuvres s'occupent de la préservation de l’enfance. Il est certain qu'il vaut mieux, lorsque cela est possible, prévenir la chute. Si cette tâche n’est pas moins dure,
bien souvent,que celle qui consiste à relever, peut-être .
est-elle plus durable et plus efficace.