I. Op, cit.^ Liv. II, ch. I
d’or, trois à un autre qui le suivait, et un seul à un troisième personnage.
Une autre fois, également en songe*, il vit une vieille femme qui le poursuivait de ses importunités. Son visage diflbrme, sa chevelure en désordre, ses haillons lui laissaient à peine quelque chose d’humain. Frappé d’horreur, il cherchait, vains efforts, à se dérober. Enfin, fatigué de tant d’insistance, il lui traça sur le front le signe de la croix et elle, de tomber sur le sol comme inanimée et de se relever parée d’une merveilleuse beauté. Réveillé par le saisissement, Brunon se rendit à l’ofiîce de nuit; après quoi, il se rendormit, encore sous le coup de la surprise. Et le vénérable abbé de Cluny, Odilon, lui sembla se présenter a lui et, sur une question qu’il lui adressa, au sujet de cette femme : « Bienheureux es-tu, lui répondit-il, car tu as sauvé son âme de la mort ».
Préoccupé de ces songes — c’est bien là un trait de l’époque — il les racontait plein de larmes au doyen du chapitre Walter et a Warneher, son intime confident, et il se demandait quelle en pouvait être la signification : une solution ne devait point tarder à lui être fournie. Damase II mourut, le 8 août io48, après vingt-deux jours de pontificat el, pour la troisième fois, en moins de deux ans, le clergé et le peuple de Rome envoyèrent au fils et successeur de Conrad II, l’empereur Henri III, une députation chargée de l’informer de la fatale nouvelle et de lui déférer le choix d’un pape. Henri se trouvait alors en Saxe; mais, aussi contristé que perplexe, il sursit à sa décision et se ménagea le temps de