PREMIÈRE PARTIE. — ADMINISTRATIOX CENTRALE
j'appellerai le département des affaires ecclésiastiques \ département qui comprenait les relations avec la cour de Rome et les rapports entre Alfonse et Tautorité ecclésiastique, rapports qui devenaient quelquefois difficiles par suite de la lutte qui existait entre l'administration séculière et la juridiction de l'Eglise.
La surveillance générale du Languedoc était confiée à messire Sicard d'Alaman^, qui, ainsi que nous l'avons vu, avait été constitué, par Raymond VU mourant, gouverneur général du Languedoc jusqu'au retour de son gendre de la croisade ^. Les services de Sicard furent agréables au nouveau comte, qui continua de l'employer, mais sans lui conférer de titres officiels. Sicard survécut au frère de saint Louis. C'était un homme d'une grande famille, et il contribua singulièrement, par ses conseils judicieux et son crédit personnel, à rattacher le Midi au gouvernement d'Alfonse. Un autre noble languedocien, Pons d'Astoaud, dont nous avons aussi parlé , était chargé de tout ce qui
> lo Philippe, Tautear de la leltre à Alfonse sur la prise de possession do comté de Toulouse en 1250.
2» Raoul de Gonesse, trésorier de Saint-Hilaire , fut en 1262 chargé de négocier un traité avec la ville d*Agen. Trésor des chartes, J. 307, ja9 55.
3<» Etienne de Saclay (deSacleiis), Ludwig, Reliquiœ, t. XII, p. 5. Il fit partie en 1270 du conseil de régence. Sur Philippe, voyes Lecointre- Dupont , Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, année 1843, p. 407.
3 Sicard d'Alainan transmet en 1268 les plaintes des Toulousains à Alfonse en 1268. Reg. A, fol. 131. — Lettre d'Alfonse au même relativement à une demande des habitants de Moissac. Ibid., p. 135; voyes les Reg. A et R, passim.
f e Goram domino Sicardo Alamanni , comitatus Pictavie et Tolose senescalli generaiis. > Honmiagede G. d*Adhémar, février 1251. Trésor des chartes, J. 314, no 50. Dans un acte do mois d'avril de la même année , Sicard s'intitule loi-même t Vices gcrcns domini A. comilis Tholosani, in comitatu Tholosano >. Ibid,, J. 318, n<* 45. Sur les rapports continuels entre Alfonse et Sicard, voyes les registres A et R, et Bibl. imp., n» 10918.
126 UVRB DEUXIÈME. — ADMINJISTRATrOM GÉXÉRALE.
concernait l'administration de la justice dans les provinces méridionales; il était aidé dans cette tâche par Ëude de la Montonnière , chanoine. Un ecclésiastique, Jacques Dubois, était préposé à la partie fiscale de Finquisition contre les hérétiques et veillait à ce que le montant des confiscations prononcées pour crime d'hérésie fût exactement versé dans les coffres du comte ^ Un membre de la noble famille de Nanteuil avait la haute main sur l'administration en Poitou et en Saintonge; il maintenait les sénéchaux dans le devoir et les aidait de ses conseils. Comme Sicard d'Alaman, il entretenait avec Alfonse une correspondance suivie ^ Voici une lettre du prince qui donnera une idée du ton qui régnait dans cette correspondance, empreinte, en général, d'une certaine familiarilé bienveillante. Le sénéchal de Poitou s'étant montré négligent, Alfonse invita Jean de Nanteuil à le rappeler au devoir et à aviser aux mesures à prendre. Ayant appris que Jean avait été malade, il commence par l'entretenir de sa santé dans des termes affectueux.
tt Aufonz, fuiz de roy de France, coens de Poitiers et deThoulose, à noble, son amé et son fael Jehan de Nantueill, chevalier, seigneur de Torz, saluz et altalantemen de boenne amour.
tt De ce que vous avez esté ferment dehestié, si cum vos nos avez fet assavoir par voz lestres, nos en avons pitié en nostre cuer; et de ce que vos estes tornez à guerison , nos en loons Nostre Segneur et en somes liez. De ce que
^ Voyex dans le registre 109 18 aoe instroctioo adressée à J. Dubois sur la recette du produit des confiscations, et plus bas le chapitre consacré à Tinquisîtion.
2 Reg. A et B, passim. — Alfonse lui envoyait un double des lettres importantes qu il adressait à ses sénéchani. Trésor des chartes, J. 307, n» 55, fol. 6.