CONCLUSION
Dans rintroduction placée en tête de cet ouvrage, nous avons dû, avant d'engager le lecteur dans un pays entiè rement inconnu, lui indiquer quel était Tobjet de nos recherches et quel en avait été Je résultat. Nous nous proposions de montrer par quels moyens Alfonse de Poitiers avait puissamment contribué à rétablissement de notre unité nationale en rendant françaises des province^ qui jusqu'alors avaient été hostiles à la royauté capétienne. Il eut la gloire de guérir par son bon gouvernement les blessures que la guerre des Albigeois avait faites au Languedoc , et de réconcilier ce grand pays avec la France du Nord. Il conquit aussi l'affection des provinces de l'Ouest qui avaient appartenu aux Anglais et avaient conservé pour eux de la sympathie. Il atteignit ce double but grâce à une cen^ tralisation administrative intelligente et énergique , attestée par des milliers de documents authentiques. Alfonse fut le trait d'union entre le gouvernement féodal et le gouvernement royal.
Ce grand résultat, l'histoire nous permet de l'apercevoir, à nous que les événements accomplis instruisent en nous faisant voiries conséquences de faits dont nul au treizième siècle ne pouvait mesurer la portée véritable. Il est incontestable qu'Alfonse ne poursuivit pas sciemment l&but qu'il lui était donné d'atteindre, et qu'il était dans l'impossibilité d'entrevoir. 11 n'eut d'autre intention que de bien administrer ses Etats, et il ne crut pouvoir mieux faire que
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d'imiter la savante hiérarchie exy usage dans les domaioes royaux et les sages lois de saint Louis, qu'il prit pour modèle.
On ne peut donc étudier les institutions d'Alfonse sans apprendre à mieux connaître celles de son frère; elles s'éclairent mutuellement, et l'on peut dire avec le poëte romain :
Matito Domine de te
Fabula narrai iir.
Telle était l'épigraphe de notre travail quand nous le présentâmes au suffrage de l'Académie des inscriptions : ce sera aussi notre conclusion.