Voy. E. Boutade, ouvrage cité, p
2. Sur l'expédition de Charles d'Anjou et la conquête du royaume Naples, voy. Chron. de Primat, Histor. de France, t. XXIII, p. 21^-37, Guill. de Nangis, t. XX, p. 419 et suiv.; Chron. anon. finissant en 1286, t. XXr, p. 86-90 ; Chron. de Saint-Denis, ibid., p. 121 ; Baudoin d'Avesnes, ibid., p. 172, et Tillemont, t. VI, p. 54 et suiv. — Sur la manière dont Charles d'Anjou avait pris Marseille en 1257 et réprimé l'insurrection des habitants, voy. Guillaume de Nangis, p. 411.
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troupes à lui, celles que Ja croisade lui donnait, et aussi celles que mettaient à son service l'esprit de parti et les ressentiments de l'exil : aux Proveîiraux et aux Français se joignaient quatre mille croisés de Boloi^ne et quatre cents émi^îrés llorentins. La trahison avait pénétré dans le camp de son adversaire Le passade du Ga'ri^liano lui iut livré, et Manfred, retiré sous Bénévent, périt dans la bataille (*20 février 1266)*.
Le vainqueur ne tarda point à donner à Clément IV lui-même les craintes qu Lrbain IV avait déjà commencé à ressentir. Il avait tout d'abord laissé piller Bénévent, qu'il devait ménager comme ville pontilicale; et à Naples même il s'établit en conquérant plus qu'en roi, ne se bornant pas à frapper les partisans de Manfred et à rétablir les exilés, mais taisant la part principale à ses Provençaux. Hors de Naples, le iriomplie des Guelfes propageait partout son influence. Guido Novello, qui représentait presque seul le parti gibelin, incapable de retenir Florence, essaya vainement d'un compromis. Il dut se retirer à l'approche de Gui de Montfort, envoyé avec huit cents cavaliers par Charles d'Anjou, et Charles fut proclamé pour dix ans seigneur de la ville'. Roi de
1. Primat, t. XXIII, p. 26-30; Guill. de Nangis, t. XX, p. 42.') 427, ei les autres auteurs cités plus haut. — L'évêque d'Auxerre, en donnant l'absolutijn à l'armée, lui imposa pour pénitence de frapper deux fois plus: « que ii doublassent les coups dessus les aneiuis de leur dextre vertueusement. » (Primat, t. XXUI, p. 27, et Guill. de Nangis, p. 420.) Ce n'est pas sans raison que Primat l'appelle : « homme sage en armes et pre^t de sa main, et de bien apperte chevalerie qui estoit couverte souz .6 vestement de nvesque et muciée {cachée). » [Ibid.. p. 24 ) H se rappelait la Chanson de Roland au moins autant que l'Évangile :
« Par pénitence les cumendet ferir. >•
{Ch. de Rolani, vers 1138.)