‹ Saint Louis et son tempsChapitre 179 sur 207 · Geoff"roi de Beaulieu, ch. xxxv, p · texte numérisé non relu

Geoff"roi de Beaulieu, ch. xxxv, p

2. Ibid., ch. xx.xvi, p. 20. A propos de croix. Primat dit de même: « .... et si request plusieux religieux que il ne souffrissent entailler nulles crois es tombes de leurs cloistres, dores en avant, et celles qui adonques y estoient eftitaillées fussent du tout effaciées et rèses. » {Uist. de Frante, t. XXIII, p. 67.)

ment, consacrée et introduite dans le rituel de l'Eglise par une bulle du pape Urbain IV (1264)'.

On sait quelle vénération il avait pour les reliques : c'est pour recevoir la couronne d'épines et le fraj^ment de la vraie croix qu'il avait fiiit bâtir la Sainte-Chapelle auprès de son palais. Il avait établi des chanoines pour y officier régulièrement, et il institua trois fêtes qui y étaient célébrées, la première par les frères prêcheurs ; la deuxième par les frères mineurs; la troisième par ces deux ordres réunis, d'autres religieux et les clercs de sa maison'. Il avait aussi en grand honneur les reliques des saints'; mais sa dévotion n'allait pas jusqu'à souffrir qu'on dépeçât leurs corps pour lui en donner quelques morceaux. Les moines de Pontigny lui ayant offert de détacher en sa faveur un bras du corps de saint Edmond de Ganterbury, récemment mort en France (1240), transféré dans leur monastère, où il avait passé les dernières années de sa vie, et rangé parmi les saints en 1247*, il s'y refusa comme à une profanation. Du reste, il y en avait qui ne croyaient pas nécessaire de recourir à ce moyen pour multiplier les reliques. L'abbaye du Mont-Cassin et Saint-Benoît-

1. Sur la bienheureuse Julienne, prieure du monastère de Mont-Cornillon de Liège, promotrice de la fcte, voy. Hist. littér., t. XIX, p. U.

2. Guill.de Nangis, T'tt! de saint Louis, an ITS9 \ Ilistor. de France, t. XX, p. 327; et Chron., ibid., p. ô48; Geofîroi de Beaulieu, ch. xxiv, ibid., p. 15.

3. Confesseur de Marguerite, t. XX, p. 7r>. Les historiens du temps ont une étrange façon d'exalter saint Louis en cette matière. Guill. de Nangis, dans sa Vie de saint Louis, rapporte que le saint clou que l'on gardait en France depuis Charles le Chauve ayant été perdu pendant une adoration, le roi dans sa douleur se serait écrié : Qu'il aimerait mieux que la meilleure cilé de son royaume fût engloutie. {Histor. de France, t. XX, p. 321.) Ce propos, qui se rapporterait à la jeunesse de saint Louis (1232), n'est assurément pas authentique, et, le fùt-il, ne saurait être pris à la lettre. Aucune cité ne fut engloutie et le saint clou se retrouva.

1. Sa canonisation, proposée au concile de Lyon (r24.S), fut publiée en 1247 par Innocent IV. Voy. Uist. littéraire, l. .\V1I1, p. 2til.

sur-Loire se vantaient d'avoir et montraient également le corps de saint Benoît : « Peut-être, dit sérieusement le continuateur de la chronique mise sous le nom d'Albéric de Trois-Fontaines, le très-pieux Seigneur, ayant égard à la dévotion des deux monastères, a-t-il voulu faire que l'un et l'autre jouissent de la présence de leur père'; » et il cite à l'appui ce que l'on racontait de sainte Landrade, dont la dépouille, ensevelie à Munster- Bilsen (Bilisia), fut transportée, au bout de trois jours, de la main des anges, dans son sarcophage, àWintershofen (Wentreshovio), et mieux encore ce qu'on disait de saint Teliow, évêque de Landaff au pays de Galles. Comme trois églises se disputaient son corps, on convint de s'en remettre à la décision divine. On se mit en prières, on ferma les portes de l'église où le corps était déposé, et quand on y revint le lendemain, au lieu d'un cercueil et d'un corps on trouva trois corps déposés dans autant de cercueils de même forme et de même nature; en sorte, ajoute-t-il, que chacune de ces trois églises se glorifie d'avoir le corps de saint Teliow*. Guibert de Nogent se montre moins complaisant à l'égard de deux villes qui se vantaient également d'avoir la tête de saint Jean-Baptiste. « Si cela est vrai, dit-il de Constantinople (où on la voyait comme vivant encore, avec sa chair et ses cheveux'), il faut demander au moines de Saint-Jean d'Angély*de quel Jean-Baptiste ils se glorifient d'avoir la tête, quand nous tenons pour certain et qu'il n'y a pas eu deux

1. Tout autre aurait pu trouver plus raisonnable de supposer que chacun des deux couvents, ayant quelque relique du saint, l'eût déposée dans un reliquaire offrant l'image de son corps.

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