Guill. de Nangis, p. 403, etc
2. Geoffroi de Beaulieu, ch. xiv, t. XX, p. 7. Cf. Guill. de Nangis, ibid., p. 403-404. Il leur recommandait de ne point porter le vendredi des couronnes de roses ni d'aulres fleurs, en souvenir de la couronne d'épines que le Sauveur avait porlée en ce jour. [Fragm. d'un ancien lectionnaire, t. XXIII, p. 161, et Jeau du Vignay, ibid. , p. 64.)
394 CHAPITRE XXHT.
donnait la vocation '. Ses vœux ne se réalisèrent pas. Jean-Tristan, né à Damiette, devait mourir devant Tunis. Pierre, marié à Jeanne de Châtillon, héritière du comté de Blois, rerut pour apanap;e (1269; les comtés d'Alençon et du Perche et mourut sans laisser de postérité, en 1284. Quant à Blanche, sa fille, qu'il avait nommée ainsi en mémoire de sa mère et qu'il avait offerte à Dieu dans le couvent de Pontoise (Maubuisson) où le corps de sa mère reposait, elle fut elle-même destinée à un trône et ne s'en trouva pas plus heureuse : elle épousa Ferdinand, le fils aîné du roi de Castille Alfonse X, avec réserve expresse de la couronne pour ses enfants, si son époux mourait avant de l'avoir recueillie : ce qui n'empêcha pas le fils puîné, Sanche IV, de la ravir aux malheureux « enftmts de Lacerda. »
Le zèle que saint Louis avait pour la bonne vie et le salut de ses enfants se montre tout entier dans les instructions qu'il adressa à une autre de ses filles, Isabelle, reine de Navarre, lettre où il se peint si bien lui-même qu'il faut la citer textuellement :
« A sa chère et bien-aiméc fille Isabelle, reine de Navarre, salut et amour de père.
« Chère fille, parce que je crois que vous retiendrez plus volontiers de moi, pour l'amour que vous avez de moi, que vous ne feriez d'aucun autre, j'ai la pensée de vous faire aucuns enseignements écrits de ma propre main.
« Chère fille, je vous enseigne d'aimer Notre Seigneur Dieu de tout votre cœur et de tout votre pouvoir : car sans cela nul ne peut valoir nulle chose, ni autre chose ne peut bien être aimée ni si justement ni si profitablement. C'est le Seigneur à qui toute créature peut dire : Seigneur, vous êtes mon Dieu, qui n'avez besoin de nul de mes biens; c'est