‹ Saint Louis et son tempsChapitre 197 sur 207 · Primat, l. l., p. 44 ; Guill. de Nangis, p · texte numérisé non relu

Primat, l. l., p. 44 ; Guill. de Nangis, p

sans dommage. On finit par se résoudre à y envoyer frère Philippe d'Egles {de Eijlis) et le maître des arbalétriers avec pouvoir de faire ce qu'ils jugeraient le plus profitable : ou ramener l'amiral, ou débarquer des troupes pendant la nuit*.

Ils revinrent avec l'amiral; ce qui souleva bien des murmures. On demeura toute la nuit dans les vaisseaux. Le matin, on vit les Sarrasins accourir à pied et à cheval autour du port. Le roi tint conseil, et à la vue de Tennemi toute hésitation se dissipa; on résolut de débarquer sans plus attendre. Le vaisseau du roi marcliait en tête des autres. On prit terre au lieu où était descendu l'amiral, et on n'y trouva pas plus d'opposition (vendredi 18 juillet). Au lieu de se jeter sur les envahisseurs, les Sarrasins épouvantés s'étaient retirés à l'angle d'une petite île. On s'établit donc à terre et on dressa les tentes dans une sorte d'île, longue d'une lieue sur une largeur de trois portées d'arbalète. Elle offrait une issue à ses deux extrémités ; pas d'eau douce, si ce n'est au point le plus éloigné, et les valets de l'armée qui s'y étaient portés pour en puiser tombèrent en partie sous les coups des Sarrasins placés en embuscade. Il y avait vers cette extrémité une tour dont les Sarrasins étaient maîtres. On les en chassa; mais ceux qui les remplacèrent y furent assiégés eux-mêmes par une plus grande troupe d'ennemis, et ils y eussent été brûlés, si saint Louis n'était venu les dé-

On quitta cette île, où l'eau douce était d'ailleurs insuffisante, et l'on se dirigea vers le château de Garthage. Sur la route, on occupa la tour dont il a été

Page 1