Léon Gauthier, l. l., p. 267 et suiv
'2. Voyez-en l'analyse dans 17iïs(. littér., l. XIX, p. 648.
poëme*. Au treizième siècle, les remanieurs sont surtout des lettrés, énervant sous des formes plus élégantes l'énergie des vieux chants, comme Adenès ou Adam le roi (ainsi appelé parce qu'il avait été roi des ménestrels^), qui refit sur des chansons antérieures Berthe aux grands pieds, Beuves de Comarchis (nommé plus haut); et les Enfances d'Ogier, d'après la Chevalerie Ogier attribuée à Raimbert de Paris^ Les romans tirés de l'antiquité et surtout les romans de la Table-Ronde devaient avoir plus de faveur encore du jour où l'inspiration héroïque était tombée. Au treizième siècle appartiennent, outre quelques reproductions, même sous nom étranger, du roman de Troie, de Benoît de Sainte-More, un roman à' Hector, qui en est une imitation; la Geste d'Alisandre, par Thomas de Kent, qui ne vaut pas V Alexandre de Lambert li Cors et d'Alexandre de Paris; et un roman de Jules César, par Jacques Forest, qui imite Lucain, et le continue jusqu'à ce que Jules César ait fait à Rome son entrée triomphale*. A la Table-Ronde se rattache dans le cours du treizième siècle un nouveau roman de Tristan, l'un des sujets les plus goûtés (ce qui n'est pas à la gloire des mœurs de ce temps-là) ; Fréyus et Galienne ou le roman du Chevalier au bel écu, par Guillaume, clerc de Normandie^, et plusieurs autres.
1. Hist. littér., t. XX, p. 616, et Arthur Dinaux, Trouvères, jongleurs cl ménestrels du nord de la France et du midi de la Belgique, t. III, p. 273.
2. Ou bien encore parce qu'il avait été couronné dans quelque concours poétique. Arthur Dinaux, Trouvères du nord de la France et du midi de la Belgique, t. IV, p. 131.
3. Voy. Léon Gautier, l. l., p. 284 et suiv. Nous ne pourrions qu'énumérer les autres chansons de geste du treizième siècle qui se rapportent au cycle de Charlemagne; et celte énumération sans analyse, sans appréciation, serait absolument dénuée d'intérêt. Nous préférons donc renvoyer au tableau qu'en a dressé M. Léon Gautier, t. 1, p. 179 et 262.
4. Voy. les notices d'Amaury Duval dans l'Hist. littér., t. XIX, p. 666, 673, 681.
h. Hist. littér., t. XIX, p. 690 et 654.
•iik chapitiil: XX.
I>es roiiitiiis de la Tuble-Konde éLaicnl, sous la roriiic (juils prirent dès le principe en France^ des romans d'intrigue amoureuse. 11 ne faut donc pas s'étonner qu'ils aient fini par se confondre avec les romans d'aventures, romans chevaleresques encore, mais dont le moindre souci est de célébrer la vertu des chevaliers ou la pudeur des femmes. Ces sortes de romans vont singulièrement se multiplier. Parmi les plus fameux du treizième siècle, il faut citer Parthénopex de Blois, histoire des amours d'un jeune chevalier, neveu du roi Clovis, roi des Francs, cl de la fée Melior, héritière du trône de Conslaulinople, par Denis Pyram , un des poètes le plus en renom à la cour du roi d'Angleterre, Henri lll ' ; Floire et Blance(lo)\ roman dont l'auteur est inconnu, mais qui justifie la célébrité dont il jouit au moyen âi^e par le tableau touchant de la tendresse, des malheurs et de la fidélité de deux jeunes amants*; le roman de la Violette, de Gibert de Montreuil, imité par Boccace et d'où Shakespeare a pris le sujet de son Cymbeline'; le roman du roi Flore et de la belle Jeanne, consacré, comme le précédent, à la fidélité de la femme*, elle Cléonuides, un des meilleurs romans du fécond Adenez le roi, écrit un peu après la mort de saint Louis. Par une galanterie que l'au- Leur de sa notice ne veut pas prendre à la lettre, il
1. Publié par Crapelet (1834). Legrand d'Aussy, contre son habitude, en a donné, non une analyse, mais une traduction complète dans ses Fabliaux et contes, fables et romans du douzième et du triizième siècle. t. V, p. 203 (3' édit., 182'').
2. Il a été publié par Edélestand du Méril avec une savante introduction, dans la bibliothèque elzévirienne de P. Jannet (Paris 1856},