LA COMMUNAUTÉ
sent, lui seul l'exerce; elle revient au Chapitre si l'évêque est absent. Cette quasi-indépendance existe même au spirituel ; le Chapitre ne doit pas, en tout, obédience à l'évêque', et, pour le bien montrer, il s'enferme, silencieux, au chœur, chaque fois qu'un nouvel évêque reçoit à l'obédience le reste du clergé. Que de misérables querelles, que de bruyants procès amènera ce partage des pouvoirs ! Mais, ainsi les choses avaient été réglées, lorsque Jean de Chàlillon institua la Seigneurie commune et YInsigne Chcipiire .(1152).
A côté de ce dualisme épiscopal, un troisième pouvoir, un pouvoir civil, allait s'établir.
Malgré la religion sincère et la foi vive des ses habitants, Saint-Malo ne pouvait demeurer toujours ville uniquement ecclésiastique. Le grand mouvement communal s'y fit sentir comme ailleurs et plus qu'ailleurs. Dès l'an 1 308, nous constatons l'existence d'une Commune jurée, avec ses franchises municipales et commerciales très larges, avec son droit de « garde gardienne », avec ses milices et ses dogues. L'édit
I, Il s'agii ici du Chapitre de chanoines réguliers que Jean de Châtlllon, chanoine régulier lui-même, inslilua, après le gain de son procès, pour remplacer les moines de Noirmouiiers.
Le Chapitre séculier qui succéda, en 1S10, à ce Chapitre, prélendit hériter de tous ses droits et en jouir. — V. Pourpris du Chaplin, Chapitre H, § i; et Jean de ChâtUlon, Chapitre IV, g II.