LA. COMMUNAUTÉ
royal de 4 513, qui enlevait aux évêques la nomination du Corps de Ville, accrut beaucoup Timportance de la Communauté, Elle aura désormais ses Assemblées du Peuple au Ravelin de la Grand'Porte ou au Jeu de Paume; elle aura Maison commune* cloche en sa tour, un maire et un syndic élus, des notables, des juges consuls, deux baillis des eaux, quatorze compagnies bourgeoises sous quatorze capitaines et un connétable. Elle délibère et légifère, fait règlements de police, de commerce et de navigation, répare et fortifie ses murailles, fond par centaines canons et couleuvrines; elle a ses revenus propres, ses taxes, son trésor. Certes la crosse épiscopale n'est ni brisée, ni méprisée. Respectueusement, arrêts, suppliques et requêtes sont libellés au nom du seigneur éyêque; respectueusement, Messieurs du Chapitre sont priés d'assister au Conseil de Ville; mais plus s'éloigne le moyen âge, plus la Communauté marche à l'autonomie.
On croira volontiers que ce gouvernement à trois ne fonctionnait point sans tirage. Les démêlés entre le Chapitre et les évêques à propos des biens communs, de la juridiction temporelle, des privilèges canoniaux, se compliquèrent des démêlés entre la Communauté, les évêques et le Chapitre à propos des assemblées du peuple ou de la présence au chœur du Corps de Ville. Nos archives en sont pleines.
Comment un état si divisé ne périt-il pas ?