GRAND'RUE
La Grand' Rue — certains disent Grande Rue — va de la Grand' Porte à la rue Porcon de La Barbinais.
Elle fut longtemps, sans doute, la principale rue de Saint-Malo, la première et Tunique voie montant du port aurocher. De là, et de là seulement, son nom, car la Grand' Rue n'a jamais été grande. Encore étroite aujourd'hui, elle avait autrefois juste la largeur d'une charrette.
Pour preuve de son antiquité, on y constate, dès le xii° siècle, la tenue d'une Assemblée, dite la Foire aux Siiblels ^ qui s'y continua jusqu'en Tannée 1661, Tannée du « Grand Incendie ».
Cette année-là, disparut dans les flammes la Grand' Rue du moven ^^e.
Ainsi que la plupart des rues voisines, la Grand'Rue était alors bordée de maisons en bois, dont quelquesunes couvertes en joncs ou en chaume. Si Ton joint à cette circonstance l'absence de moyens de secours efficaces, on s'imaginera facilement Thorreur et Tétendue du sinistre.
La « brûlerie » commença, tout en haut de la rue,
1. Ou aux Shjlcfs, parce que, parmi les jouets d'enfant qu'on y vendait, cet in!>trument était en faveur.
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La Grand'Rve
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le 27 octobre 1661, à cinq heures du soir, chez Marie de Bordeaux, veuve Charnacé. Une bassine, pleine de térébenthine ou de goudron, se renversa sur le foyer, inondant meubles et plancher du liquide en feu. L'incendie, gagnant de proche en proche, ne s'arrêta qu'à la place du Pilori, à l'endroit où la municipalité fit planter, en 1664, une borne commémorative. La Chantrerie elle-même, située près de la Cathédrale, ressentit les atteintes du feu. Deux cents maisons furent anéanties. A la suite de ce désastre, le roi, par édits des 7 et 22 décembre 1661, défendit de « bâtir dorénavant en bois » à Saint-Malo.
Des deux côtés de la rue déblayée et élargie, s'élevèrent alors, sur un type à peu près uniforme, ces hautes maisons aux pignons pointus, aux fenêtres, trois par trois accolées, qui donnent à la Grand' Rue actuelle son aspect original.
JACQUES CARTIER (Rue et place)
Cette rue date du premier accroissement (1708) et longe les remparts, depuis la porte Saint -Vincent jusqu'à la' Grand' Porte. Elle était appelée jadis rue de la Vieille-Beurreric, parce que sur la petite place de la Bcurrerie, près la Grand' Porte, se tint longtemps le marché au beurre.
Rue et place reçurent, en 1839, le nom du célèbre navigateur malouin.
Il est en effet généralement admis que Jacques Cartier naquit à Saint-Malo^, rue de Buhen^, de Jamet Cartier et de Jesseline Jansart. Jacques y mérita bientôt la réputation d'un vertueux et très habile marin. Chargé par le roi François I" d'explorer les Terres neuves'^ de l'Amérique du Nord, il appa-
1. Des cloutes commencent à s'élever parmi les savants : les uns le font naître à Paramé; d'autres à Saint-Servan, alors, il est vrai, faubourg de Saint-Malo. Le champ reste ouvert aux hypothèses et aux recherches, car Pacte de naissance de Jacques Cartier n'existe pas.
2. Tirait ce premier nom d'une maison appartenant au sieur de Buhcn ; est devenue la rue des Juifs, puis la rue Chateaubriand. — La maison des Cartier était située sur remplacement où s'éleva, dans la suite, l'hôtel des Chateaubriand. Si Jacques y est né, cette petite rue posséda deux illustres berceaux.