‹ Saint-Malo historiqueChapitre 14 sur 123 · LUTTE CONTRE LES GOUVERNEURS · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE LES GOUVERNEURS

debetur. Vainement le duc occupe la terre ferme, tient la mer, reconstruit la tour Solidor pour gêner le commerce de Rance. Plutôt que de céder, les Malouins obtiendront du pape de se donner au roi. Mieux valait obéir de loin que de près. Les rois de France furent toujours plus favorables à Saint-Maloque les ducs de Bretagne. Charles VI traita bien la ville et augmenta ses fortifications du célèbre château Gaillard i. Mais plus tard, scrupules ou folie, Charles la rendit aux ducs{141o). Et les brouilles recommencèrent: brouille avec Jean VI qui bâtit le donjon pour « brider la mule»; brouille avec François II qui continue le Château ^ ; brouille avec la duchesse Anne qui le termine « quic en groigne. » Pourtant, les Malouins, très chevaleresques, aimaient fort la « bonne duchesse. » Il n'y a plus ni duchesse, ni ducs, ni duché de Bretagne : la Bretagne est province française. Dorénavant, Tennemi des libertés malouines seront les gouverneurs royaux, ces seigneurs étrangers, « plus rois que le roi, » qui se font apporter chaque soir les clefs des portes, qui narguent bourgeois et syndic, narguent les privilèges de la ville et pointent sur elle les canons du Château. Qu'ils veillent à leurs remparts ! Les bourgeois, si le Château les gêne, pourraient bien prendre le Château. C'est ce qui advint,

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