‹ Saint-Malo historiqueChapitre 21 sur 123 · LA BAIE · texte numérisé non relu

LA BAIE

A QUELLE époque remonte exactement l'existence de la baie de Saint-Malo ? On ne le sait pas bien. Tout porte à croire que l'espace recouvert aujourd'hui par elle fit autrefois partie du continent. Des géologues et des ingénieurs en ont dressé des cartes précises : il ne faudrait pas trop s'y fier, car, plus d'une fois, les bornes de ce continent changèrent. Cependant, l'imagination peut se figurer un littoral, semé de bois et de prairies marécageuses, que soutenaient au Nord les falaises des Létruns, des Conchées, de Césembre, des Portes; que découpaient à l'Ouest deux bras de la Rance. A l'intérieur, séparés par le ruisseau du Routhouan, deux promontoires voisins, le promontoire d'AIeth et le promontoire de Saint-Malo.

Graduellement, lentement, au cours des siècles, la mer inonda ce pays^ Ses invasions furent-elles favorisées par des affaissements du sol, par des marées énormes, par des tempêtes r C'est probable. De fait, les flots submergèrent, du Nord-Est à TOuest, les terrains attenant aux roches précitées et creusèrent, au Sud-Est, une baie intérieure s'enfonçant jusqu'au pied des coteaux de Paramé et du mont Saint-Joseph. Émergea seul^ au milieu des vagues, un isthme étroit, le Sillon^ qui rattachait à la terre ferme le rocher de Saint-Malo.

La baie intérieure, en grande partie desséchée, forme actuellement le bassin à flot, le port et Favantport.

La baie de Saint-Malo, proprement dite, est limitée par la pointe de La Varde, à l'Est, et par la pointe du Décollé, à l'Ouest. Une longue chaîne d'îlots, épaves du continent disparu, en défend l'entrée : les Létruns, la Grande et la Petite Conchée, Césembre, les Jardins, les Portes, les Cheminées, le Haumet, l'Ile Harbour,

Plus près de la ville, se dresse une seconde ceinture de roches; l'Islet, les deux Malo, le Grand Bey, le Petit Bey.

Entre ces deux chapelets, s'étend la rade.

i. La science moderne n'admet plus la submersion soudaine par la marée de mars 709; théorie que D'Argentré, Mabillon, l'abbé Manet, ont successivement répandue et défendue.

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