‹ Saint-Malo historiqueChapitre 26 sur 123 · LE PORT. ", I · texte numérisé non relu

LE PORT. ", I

Resserré, par la construction du bassin, entre le barrage à TOuest, la route des Écluses au Sud, le quai Saint-Louis et le quai Saint-Vincent au Nord, le quai en retour et le quai de TEcluse à TEst, le port de marée, nous Tavons dit, se prolongeait autrefois vers les digues et les perrés des Talards. Suffisamment vaste encore, — 13 hectares 78, — il reçoit les petits caboteurs, les vapeurs anglais de Southampton, de Jersey et de Guernesey, en un mot tous les navires opérant des mouvements rapides.

Port intérieur et avant-port sont desservis par 1,005 mètres de quais.

port ou la Petite Grève, le choix de plusieurs moyens : à mer haute, les bateaux du Naye; à mer basse, sept sentiers cailloutés munis de ponceaux très étroits. C'étaient, en face la porte de Dinan, le pont à VÉvèquc, — ainsi nommé parce que tout évoque, à sa première entrée dans sa ville épiscopale devait suivre cette voie ; — le pont du Nayc^ qui existe encore et peut donner, en beau, une idée des autres ; le pont de la Grand'Portc, au pied du Ravelin; le pont aux Laitihcs, \epont de la Balise; le pont de Rocahey et le pont du Val, au fond de la Petite Grève, entre l'Hôpital général et le Grand Talard. Les ponts du Naye, de Rocabey et de la Grand'Porte étaient les plus fréquentés. De ce dernier partaient les fameuses «^ charrettes bannées », qui, pour trois sols vous conduisaient de Tautre côté du port, à peu près indemnes des éclaboussures de vase et d'eau de mer.

LES QUAIS

Pendant plus de quatre siècles après sa fondation, Saint-Malo n'eut pas de quais. De tous côtés, comme actuellement encore au Nord-Ouest, Tenceinte s'arrêtait à la laisse des hautes mers, et les lames battaient le pied des remparts. En beau temps, les navires venaient s'affourcher devant la Grand' Porte, où des charrettes les déchargeaient à mer basse. D'ordinaire, ils préféraient s'abriter dans l'anse ou port de Mer bonne, — emplacement actuel du quartier Saint- Vincent, — sous la tour de la Poissonnerie, la poterne et les murs de la Croix-du-Fief.

Voilà pourquoi les premiers quais construits furent ceux de Mer bonne (1581-1076). Ils consistaient en deux tronçons : l'un, le Vieux Quai, perpendiculaire à la tour de la Poissonnerie ; l'autre, entre le Vieux Quai et le Château. D'une largeur d'environ 6 mètres, ils avaient ensemble 135 mètres -de long.

En 1G83, la Communauté entreprit à ses frais un troisième tronçon au Sud-Ouest de la Grand' Porte. Ce quai, mal aligné, mal bâti, mesurait 115 mètres de long sur 15 de large.

Quand le premier agrandissement de l'enceinte eut fait disparaître le port de Mer bonne, ses deux quais furent remplacés, au devant des nouveaux murs, par

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un quai allant de la Grand' Porte à la tour du Château, dite la Générale (1713) ; puis, le long du Château, de cette tour à l'entrée du Sillon (1717). Largeur variant de 22 à 17 mètres; longueur totale 179 mètres.

De 1722 à 1724, le quai de Dinan et le quai Sainl- LouiSj présentant, à eux deux, un développement de 2o0 mètres, mais tous deux fort étroits, achevèrent de border Tavant-port et le port. L'Eperon Saint- Louis faisait brise-lames.

Tel était, d'après Garangeau, l'état des quais de Saint-Malo en 1731. Cet état dura cent ans.

Un siècle use bien des choses! et, vers 1830, les quais menaçaient ruine. Or, à cette époque, le projet de transformer en bassin le port de marée prenait consistance. Il parut bon de commencer l'œuvre en relevant les quais et en les élargissant (I83r>-1836).

On s'occupa d'abord d'améliorer et de protéger contre les houles du Nord-Ouest l'avant-port, entrée du bassin futur.

Pendant que le Môle des Noires s'amorçait à Tangle du bastion Saint-Philippe, on construisait, depuis ce bastion jusqu'à l'Éperon Saint-Louis, qui fut démoli, le nouveau quai de Dinan et la cale du même nom (1838). Ce quai mesure 3iO mètres de longueur et Il mètres de hauteur. Large primitivement de 20 mètres, il s'est ensuite augmenté, à l'Est, de l'esplanade plantée, où la Chambre de Commerce a bâti sa

Bourse 1. Le Môle ne fut terminé qu'en 1842. Il offre un développement de 275 mètres, des enracinements au musoir, et porte, au bout-rond, une tourelle de feu de port. C'est un brise-lames efficace.

Après le quai de Dinan, on refît les quais du port intérieur : le quai aux Chambres ou quai Saint-Louis, du bastion de ce nom à la Grand' Porte (1839) ; le quai Saint-Vincent, de la Grand'Porte au commencement du Sillon (1841-1849).

Haut de 10 mètres, long de 277, le quai Saint-Louis comprend : sous les remparts, une promenade plantée d'arbres, large de 13 mètres ; en son milieu, une route de 7 mètres, et, de la route au bord, une zone de 18 mètres affectée au dépôt des marchandises. Là, sont établis les bureaux des vapeurs de la Rance ainsi que les halls-abris et magasins de la Compagnie du South-Western.

Lors de sa construction, le quai Saint-Vincent comptait 182 mètres. Plus bas que les précédents, il est submersible au plein des marées de vive eau. La douane y installa ses bureaux en 1841. Dernièrement (1882-1885), le quai Saint-Vincent a été raccourci par les travaux du quai en retour et du quai de V Esplanade,

1. Le quai de Dinan est maintenant divisé en deux quais par la porte de ce nom. Quai de Dinan à l'Ouest; quai de la Bourse à l'Est.

LES QUAIS. '

C'est durant la visite de Tempereur Napoléon III à Saint-Malo (1858-), que fut décidée la construction du quai Duguay-Trouin, qui, pour cette cause, porta au début le nom de quai Napoléon. Commencé en i860, terminé en 4864, il va du quai de TEsplanade à Rocabey, couvrant la Petite Grève et l'ancien chenal sur une longueur de 730 mètres et sur une largeur de 107 mètres, à TEst de la Chaussée. De ce vaste terreplein, la partie qui longe le Sillon a fourni le square Chateaubriand, remplacement du Casino, deTHôtcl Franklin, de maisons, de villas; l'autre partie, située derrière ces bâtiments, possède une route charretière, des magasins, des entrepôts, deux voies ferrées, et forme les quais Nord-Est du bassin.

Désormais, en effet, le quai Duguay-Trouin appartient, non plus au port de marée, mais au bassin à flot.

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