COUVENT ET CHAPELLE DE LA VICTOIRE
En ici:;, quatre pieuses dames de Saint-Malo : Servanne Le Gobien, Françoise Porée, Jeanne Gaultier et Perrine Groult demandèrent à Mgr Guillaume Le Gouverneur l'autorisation de fonder un couvent à leurs frais. Conseillé par le Père Dom Gabriel de Sainte-Marie, prieur des Bénédictins anglais, Tévêque agréa la supplique (10 10).
Les murs s'élevèrent aussitôt, sur remplacement du château Gaillard, construits avec les matériaux provenant de la forteresse démolie. Le 27 février 1622, Monseigneur consacra la chapelle à Notre-Dame de la Victoire. Ce nom, un peu abrégé, devint celui du couvent et de la rue qui le longea
Dès son achèvement, les fondatrices offrirent aux religieuses bénédictines le couvent de la Victoire.
Il servit surtout de maison de retraite pour les veuves de noblesse et de bourgeoisie malouine. On les y recevait moyennant une modique pension; on en recevait même gratuitement un certain nombre, grâce à'une fondation charitable.
1. La partie orientale de cette rue, qui descend en escaliers vers la Cour La Houssaye, a longtemps porté le nom de rue
de la Grille.
Couvent S a l^T- François
LA CATHÉDRALE. l8!>
septentrionale, aile gauche, dite de Sainl-Côme ^ due à Poussin, architecte du roi 2, fut bâtie de l.'iOîi à 1607. La chapelle des fonts baptismaux a été achevée en 1713; la façade en 1712; et le grand portail en 1713. La Porte à r Évoque^ est très ancienne; la Porte de Velours remplaça, en l'8;)2, la vieille Porte du Cloître-^. Côtales, façade et chapelles sont marquées au cachet du temps : style pseudo-grec, décorations prétentieuses et de mauvais goût.
Que ne savait-on alors agrandir une église en respectant son architecture primitive !
Parmi les richesses archéologiques que renferme la cathédrale, signalons ses belles orgues du xv*" siècle ; parmi les richesses artistiques, citons, outre les marbres du maître-autel : dans la chapelle de la Sainte- Vierge, la Bataille de Lépante; dans la nef, la Descente de Croix, de Santerre, qu'un Anglais voulut acheter, dit-on, en couvrant d'or la surface de la toile, et le magnifique Christ d'ivoire, placé devant la chaire^.
1. En sortant par la porte de ce nom, rue TouIIicr, on remarque dans la muraille extérieure, à droite, la fontaine lustrale où Ton puisait l'eau destinée à être bénite.
2. Il ne faut pas confondre Thomas Poussin, rarchitccte, avec le peintre Nicolas Poussin.