Le premier Hôtel-Dieu fut administré au spirituel et au
Ses ressources consistent en 30,000 francs de rente, dont partie est affectée à THôpital général; en une subvention de la Ville et en journées de malades payées par la guerre et par la marine pour les soldats et marins hospitalisés.
temporel par l'évêque et le Chapitre seuls, jusqu'en 1565; à partir de cette époque, un Bureau, composé d'un chanoine et de deux notables bourgeois, administra le temporel.
Le second Hôtel-Dieu fut administré, depuis 1676, par une Commission composée de Tévêque, président, du prieur de Saint-Sauveur, de deux chanoines, du maire, du sénéchal, du procureur fiscal, de deux économes et de deux notables, administrateurs.
l'hôpital général. 21 >
UHOPITAL GÉNÉRAL
Cet hôpital, ou plus exactement cet hospice^, a été fondé, en 1679, par la ville de Saint-Malo.
En 1646, existait déjà près de THôtel-Dieu, une Maison de Charité destinée à recueillir les infirmes et les vieillards. Toutefois, les Malouins, la trouvant insuffisante, acquirent à leurs frais, au faubourg Saint- Servan, une belle propriété, alors baignée par la mer, le manoir du Val, et y transférèrent leur hospice, qui fut appelé désormais Hôpital général Saint- Ypcs.
Recevoir, nourrir et soigner, sous une même clôture, mais en des locaux séparés, les vieux marins et leur famille, les invalides, les enfants trouvés, les orphelins pauvres ; renfermer les fous et les filles repenties, tel était le rôle de cet hôpital, véritablement général.
Aussi, dès Tannée qui suivit sa fondation, fallut-il songer à l'agrandir.
Louis XI V ayant accordé les lettres-patentes nécessaires (1680), ringénieur Garangeau traça les plans d'un vaste ensemble de bâtiments englobant le manoir. Les constructions commencèrent en 1685. L'église
1. On n'y reçoit pas de malades. Mais un service médical assiste les pensionnaires que la maladie vient y frapper.
2l6 LA VILLE MUNICIPALE.
date de 1713. En 1717, le Sanilal du Talard pouvait Ctre transféré au Val. Les travaux ne furent terminés qu'en 1725.
L'édifice de Garangeau présente la forme d'un T, avec pavillon central ; Téglise est au pied du T ; la façade principale mesure 109 mètres de long. De grands jardins l'entourent. La dépense totale dépassa 100,000 écus, — environ un million et demi, valeur actuelle, — somme entièrement fournie par les Malouins.
Quand Saint-Servan se sépara de Saint-Malo, la nouvelle commune essaya plusieurs fois de s'approprier ce magnifique établissement. Elle fut définitivement déboutée de ses prétentions en 1804. L'Hôpital général de Saint-Malo, en Saint-Servan, reste la propriété de Saint-Malo. C'est encore aujourd'hui un asile de vieillards des deux sexes et d'orphelins.
Pour l'administration, l'Hôpital est maintenant^ réuni à THôtel-Dieu de Saint-Malo. Il est, comme lui, dirigé par les Dames de Saint-Thomas de Villeneuve qui y emploient treize Dames de chœur et huit sœurs converses.
1. Primitivement, un Bureau de Directeurs, composé de l'évêque, d'un délégué du Chapitre, du sénéchal, du procureur fiscal et de notables, administrait THôpita! général, assisté de huit Demoiselles Économes appartenant aux meilleures familles de Saint-Malo.