Voir le chapitre intitulé De$ Pères dans la Comédie
rêve Saint-Marc : il en eût fait des archontes.
Nous avons omis de parler de la trèsactive collaboration du célèbre écrivain au recueil de M. Buloz et à la Revue de Paris.
Quelques - uns des morceaux que nous ayons cités tout a Theure ont paru dans ces deux recueils. Voici plusieurs autres articles dus a sa plume, et qui ne peuvent être passés sous silence : De la profession (T homme de lettres ; — Silvio Pellico ; — Henri Farel; — M. Lacretelle, ou le Professeur; — Causeries en Sorbonne; — De la tragédie grecque et de la tragédie française; — Napoléon; — les Journaux chez les Bomains; — Perse^ ou le Stoïcisme; — De l'inspiration et de r expression ; — De la jewne école poétiquCy etc.
Quand éclata la révolution de Février,
le Système, cherchant un remède tardif à ses fautes, voulut se mettre à l'ahri d'un ministère de fusion , que se chargeaient de composer MM. Thiers et Mole. Saint- Marc Girardin, dans cette combinaison, devait avoir le portefeuille de Tinstruction publique. Par malheur, M. Mole refusa net en disant ;
— Aux conditions que Ton me pose, je ne serais plus le ministre du roi, je serais le ministre de M. Thiers,
châtiment ! Les vovez-vous discuter leur orgueil et sauvegarder leur égoïsme, au bord de Tabtme qui s'ouvre et où le trône va s'engloutir?
Si notre professeur put concevoir alors quelques regrets, la marche des événements les lui fit oublier. Bientôt il siégea sur les bancs du la Constituante, a milieu du parti de Tordre. Il fut él
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membre de la commission d'orjjanisation de l'enseignement professionnel, et de la section permanente du conseil supérieur de l'instruction publique. C'est une marque de haute confiance qu'il ne peut manquer d'obtenir sous tous les régimes, parce que, sous tous les régimes, les lumières des hommes spéciaux sont indispensables.
Le conseil supérieur de l'Université l*a choisi pour secrétaire. Il en est encore aujourd'hui l'un des membres les plus actifs.
A l'époque où M. Dufaure administrait l'intérieur, Saint-Marc Girardin fut appelé à faire partie de la commission des théâtres. Les journaux lui apportèrent sa nomination à Versailles, lieu de sa résidence depuis plusieurs années. Il s'empressa d'accourir au ministère.
— En conscience, dit-il à M. Dufaure, je ne puis accepter cette place.
— Pourquoi? demande le ministre.
— Parce que je ne connais pas le théâtre.
— Allons donc! Il est possible que vous ne soyez point, comme un vaudevilliste ou comme un dramaturge, au courant des procédés avec lesquels on fait une pièce sans esprit et sans passion véritable ; je vous accorde cela. N'importe, vous êtes l'homme qu'il me faut. Je veux pour les œuvres scéniques des juges qui ignorent le théâtre et qui connaissent le drame.
La commission créée par M. Dufaure fut dissoute après le coup d'Etat, par un de ses membres, M. de Morny, qui, n'ayant jamais assisté aux séances, la crut tout naturellement inutile.
- Saint - Marc Girardin conserve à la dynastie d'Orléans £es affections secrètes ; mais il ne se montre pas, comme beau-
coup d'autres, ennemi systématique du pouvoir. S'il a des rancunes, elles sont inoffensives comme son caractère et comme son cœur. Faisant, Tan dernier, une analyse de Y Attila de Corneille, il arrive a ce passage :
A qui regarde bien, L'empire est quelque chose , et l'empereur n'est
[ rien.
Dans Tauditoire, on croit saisir une allusion. Le professeur entend des chuchottements à droite et à gauche. Il se trouble et s'écrie :
— Oh ! rassurez-vous, le contraire est aussi vrai !
Nouvelle surprise. On chuchotte bien davantage. L'incident arrive aux oreilles du ministre, qui appelle Saint-Marc et lui demande une explication.
-^ Je n'en ai pas d'autre à vous donner que le hasard d'une lecture, répond-il a l'excellence. J'aurais également cité le vers, s'il y avait eu :
L'ermpereur seul est tout, et l'empire n'est îien.
On ne semble pas satisfait. Saint-Marc reste dans l'inquiétude jusqu'au jour où, rencontrant de nouveau le ministre, il lui dit:
>^ Eh bien ! et ma justiflcation ?
— Je Pai transmise à l'Empereur.
— Quelle a été sa réponse ?
— 11 a souri.
— A la bonne heure I Une autre fois je me défierai de Corneille.
On accuse Saint-Marc de scepticisme et de froideur, ^émotion cependant le
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gagne quelquefois. Un jour, — il y a bien longtemps de cela, car c*était à Tépoque où Lamartine ne pactisait pas encore avec la démocratie, — l'illustre professeur était en train de lire à son auditoire de la Sorbonne le Mondain de Voltaire. Tout à coup le souvenir du magniGque poëme de JocelyUy dont la première édition était en vente depuis la veille, lui revient à l'esprit. Il jette le volume du roi de TEncyclopédie, et parle avec feu, durant deu?
heures, des transports enthousiastes que la lecture de l'œuvre de Lamartine a soulevés dans son âme. La salle entière par* tage son émotion. Chacune de ses phrases est accueillie par des bravos.
Une autre fois , lisant une page de la Retraite de Russie^ des sanglots lui coupent la voix, et tous les assistants pleurent avec lui.
Personne au monde ne sait mieui élee-
x^ *wii u un acie Héroïque accora les murs de Sébastopol. Tout l'ai se leva comme un seul homme, en
« — Vive la France ! »
La jeunesse Taime et lui est i thique. De son côté, Saint-Marc G témoigne aux élèves qui suivent soi une affection presque paternelle, un des examinateurs les plus indu
Homme d'esprit, il n'a jamais su 1er à un trait spirituel. Interrogea our, un aspirant au baccalauréat lemande :
— Quelles conquêtes a faites Louis
L'étudiant «a fr^mr^ *v%«i
— Dites-la.
— C'est la conquête de La Vallière.
Saint-Marc Girardin ne put s'empêcher de rire. Le mot valut une boule blanche au candidat.
Notre professeur, sachant qu'il est aimé de son public^ le gourmande parfois, avec bienséance toujours, mais avec un sansgêne qu'on tolère de lui seul. Il se mît à lire une fois, en affectant des intonations ultra-dramatiques, une des pièces les plus boursoufilées d'Alexandre Dumas. On riait aux éclats dans l'amphithéâtre.
— Tout beau y messieurs 1 s'écria soudain le professeur, en reprenant un air grave : ne riez pas ainsi, car peut-être irez vous applaudir cela demain !
Un autre, à sa place, eût été sifDé ; mais dans sa bouche la saillie fut couverte d'applaudissements.
CIO se montrer l.onune de
IxxijTont, J|v„„spi,rlc(]eCc pnrle de Ja Pucelle, des Bijc et des œuvres les moins ch, pudeur de langage toute p est de force è tout analys, Onerre des Dieux; sans fa dames qui assistent à ses co
de lui qu'il se tenait à cheval 1 de rasoir.
— Mon cher monsieur Sai disait un jour le recteur de je ne connais que les hirond chent comme vous, se mouil sans se noyer.