Diaîog, S. Oreg. Magni. l'ib. 11^ cap
était incluse dans un des angles de la basilique *. La grandeur de ce monument, presque inouïe à cette époque, suppose qu'une multitude innombrable de pèlerins venaient y implorer la protection de saint Martin.
Qui comptera en effet les visiteurs illustres parleur naissance ou leur sainteté qui vinrent se mêler à la foule des fidèles dans ce lieu de Ligugé, aujourd'hui si délaissé? L'histoire ne nous a conservé la mémoire que de quelques-uns d'entre eux, et encore comme par hasard. Mais s'il était permis d'ajouter les conjectures très-probables à la vérité historique, il ne serait pas difficile de suppléer à ce silence. Qui refuserait de croire, par exemple, que saint Patrice, le grand apôtre de l'Irlande, ait visité, mêmeplusd'une fois, le monastère de Ligugé, pendant les nombreuses années qu'il demeura dans nos contrées pour se former aux règles monastiques instituées par saint Martin, son proche parent*? Serait-il téméraire d'ajouter que saint Arnoul, évêque et martyr, n'a pu
1. Ego expetens locum prostemor ad canceUos angn]!, in quo dicitoT defancti spiritum reduxisse. (S. Greg* Tiiron. De miraoui. 8. Martinij lib. IV, 30.) En défonçant le terrain du jardin actuel de l'abbaye de Ligugé, près du fossé du chemin de fer, on trouva, en effet, quelques fragments de mosaïques, qui attes* talent que l'abside de l'ancienne église s'étendait jusque-là. Or, comme les substructions de la tour du clocher paraissent remonter à une très-haute antiquité, on doit en conclure que la basilique primitive avait une immense étendue. Dom Bétiennot, du reste, avait déjà fait cette remarque : « Bodilioa, dit-il dans c ses maniigerita, oUm ampla a ducentis annis restaurata satis < eiflganfl : La Basilique (de Ligugé) autrefois très ample a 4té « restaurée, il y a deux cents ans, d'une manière assez élégante.»