‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 63 sur 153 · Ms. Biblwt, nat. loc. cit · texte numérisé non relu

Ms. Biblwt, nat. loc. cit

2. Quelle fat la cause de cette interruption qui dura depuis le 13 juillet jusqu'au 1«' septembre ? M. Rabanis, qui a publié le procès-verbal de cette visite archiépiscopale, n'a pas songé à expliquer ce fait. Faudrait-il admettre avec Labbe que l'assemblée de Ruffec, signalée plus haut, fut un concile provincial présidé par Bertrand de Got, et non pas un synode tenu par Gautier de Bruges ? et faudrait-il placer ce concile dans cet intervalle ? Ou bien l'archevêque de Bordeaux eut-il, à cette époque, quelques rapports avec Philippe le Bel ? Nous nous proposons d'examiner ailleurs ces questions.

(celui-ci était encore réfugié chez les Frères Mineurs de Saint-Maixent) *.

Enfin, après diverses autres visites, le 27 janvier 1305 (n. s.) l'archevêque arrivait à Saint-Benoît de Quinçay , et séjournait deux jours entiers dans l'abbaye autrement appelée des Umbres (sic), aux dépens de labbé, sans doute partisan de l'évêque de Poitiers; puis le 29, t ledit seigneur serait allé , dit « le journal de la visite, au prieuré de Logugeay, et € illec presché la parole de Dieu^ confirmé^ tonsuré et € couché avec son train aux dépens dudit prieur f (Jean Baritaud) , et le lendemain estre allé eu € l'abbaye du Pin , Ordre de Cisteaux où par hospi- « "talité feust reçu et y coucha avec son train. »

Ainsi notre prieuré de Ligugé se trouve avoir hébergé comme archevêque celui qu'il devait recevoir plus tard comme Souverain Pontife. Cette double visite est certainement l'un des faits les plus importants de l'histoire de notre monastère; et cette circonstance nous fera pardonner la digression que nous nous sommes permise dans le but de la mettre dans une plus grande lumière. Remarquons que

1. Tous œB détails précieux sont tirés du procès- verbal de sa ▼isite métropolitaine publiée par M. Rabanis sous ce titre : Clément V et Philippe le Bel, Lettre à M. Charles Daremherg^ sur Ventrevne de Philippe le Bel et de Bernard de Gotà Saint' Jean-d* An^fély^ siiivin du Journal de la visite pa*torale de Bertrand de Got dans la province ecclésiaHiqve de Bordeavx en 1304 et 1305, pai- M. Rabanis. Paris, Aug. Durand, 1858, in-8®. Ce précieux opuscule, devenu très-rare , m'a été généreusement communiqué par mon excellent ami, M. Bélisaire Ledain, actuellement conseiller de préfecture à Poitiers. Mais, je l'ai acquis depuis, grâce à la générosité d'une bienfaitrice, qui ne veut recevoir de récompense que de Dieu seul.

larchevêque ne se contente pas, comme Simon de Beaulieu , de visiter et de signaler les abus à réformer; il prêche, il donne la tonsure et la confirmation^ autant d'actes de juridiction épiscopale qu*il se plait à réitérer dans chacun des lieux oii il séjourne. Cette manière d*agir a évidemment pour but de déclarer qu'il considère le siège de t Église de Poitiers comme vacant^ ou du moins Gautier de Bruges comme irrévocablement frappé d'excommunication : ce qui était contraire aux règles, puisque ce dernier en avait appelé au Pape.

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