‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 73 sur 153 · Archiv. do la Vienne, Fontaine-le- Comte. Lianse V · texte numérisé non relu

Archiv. do la Vienne, Fontaine-le- Comte. Lianse V

dont nous avons parlé dans Tëpisode consacré aux seigneurs du Cimeau, au xiu*^ siècle.

Après ce préambule, le pieux, chevalier poursuit « en prescrivant une aunione d'un denier à chacun (1 des pauvres qui assisteront à ses obsèques; et une a aumùiie pareille, ou un pain d'un denier à tous « les nécessiteux qui seront présents au service célé- « bré le septième jour après sa mort pour le repos « de son âme. Aux chapelains, c'est-à-dire aux curés, tt qui assisteront à ses obsèques et au service du sep- « tième jour, il assigne 13 deniers, pour chaque as- « sistance ; à condition toutefois qu'au premier jour tt libre ils célébreront une messe pour lui et ses « parents... Quant au prieuré de Liguge^ il lui lègue « uue rente annuelle de cinq sous^ à prendre sur les (( 15 sous de rente que lui doit Jean Rousseau de « Vivône, sur sa maison sise à Sès-lès-Vivôhe; « à condition que les moines célébreront chaque a année son anniversaire. Je donne ensuite, ajoute- « t-il, à mon église paroissiale de Mézeaux quatre « sous de rente annuelle , à prendre égalenàent sur « les 15 sous de rente dont il vient d'être parlé : « deux sous pour l'anniversaire démon père, et deux a sous pour le mien *. »

1. Aux clercs de la petite collégiale de Vivâne, il assigne la « somme de 20 sous une fois payée, à la condition qu'ils célé- « breront chaque année son anniversaire pour lui et ses parents dans réglise de Saint-Georges de Vivône. Ces 20 sous devaient « être employés à Tachât d'une rente annuelle. » Les églises de Croutelle, de Ruffigny, de Saint-Georges de Vivône , de Notre- Dame de Ses /^sic) lès Vivône, de Saint- Pmd de Li^'Uifé, d'Iteml, de Tmussey (de Ti-ossaya, Prieuré de l'Ordre de Grantmont en la paroisse d'Iteuii) , de Saint-Michel de Vivône , de Payré, de Marçay et de Maruay, reçoivent chacune une rente de

Les inlirmes et les malades ne sont pas oubliés ; et les aumonerîes de Saint-Pierre, de Saiiite- Radegonde, de Notre-Dame-la-Grande, de Saint- Cyprien, de Sainte-Madeleine de Poitiers, et celle de Colombiers, doivent recevoir chacune deux pièces de toile de six aulnes pour confectionner des vêtements. De plus, une somme de 20 Ikres doit être consacrée, dans l'espace de deux ans, à l'achat d'habits de laine pour les pauvres de Tarchiprêtré de Lusignan , et des paroisses de Méseaux^ de Buffigny^ de Ligugé et de Saint-Georges de Vivône , sans compter cinquante paires de chaussures qui doivent être distribuées aux indigents des mêmes localités.

Ajoutons une disposition touchante qui prouve l'esprit de foi de celui qui l'a dictée: « Je veux « et ordonne, dit-il , que pour les jours de mon « enterrement et de mon service du septième jour. « on place sur mon cadavre une pièce de soie de « la valeur de cinquante sous, et une fois les susdits « services accomplis, on l'emploiera à confectionner a une chasuble pour les messes qui doivent être « célébrées dans la chapelle fondée par moi dans le « monastère de Fontaine-le- Comte, » Enfin, après

12 deniers pour la célébration de son anniversaire. Le prieuré de Mougon (commune d'Iteuil) devra se constituer une rente avecles 5 sous qui lui sont assignés. Le monastère de Bannevau^ achètera une rente sur les 20 sous qui lui^seront payés, aussi bien que l'abbaye de Notre-Dame du Pin. Les Frères Prêcheurs de Poitiers sont plus favorisés. Le testateur leur lègue la somme, considérable alors, de 50 sous, et 30 sous au couvent des religieux du même Ordre à Fontenay-le- Comte : ce qui suppose que notre pieux chevalier possédait des terres dans le Bas- Poitou.

Mais les Frères Mineurs de Poitiers sont l'objet d'une prédilection plus marquée encore, car il leur lègue 80 sous, et 20 sou s

avoir donné la somme de 4 livres à un Frère Prêcheur de ses amis, et ratifié et confirmé de nouveau lacté de fondation de cette chapelle qui semble avoir été son œuvre de prédilection, il condamne celui de ses héritiers qui s'opposerait à l'exécution de ses présentes volontés, à payer au roi de France une amende de cent livres, monnaie courante.

Nous avons cru devoir rapporter une partie notable de ce testament du seigneur delaReynière, parce (lu'il nous a paru refléter assez bien les dispositions de la partie la plus saine de la société d'alors. Au milieu du courant qui emportait déjà les esprits vers des idées en désaccord avec celles de l'Église, il estconsolant de constater, dans un monument contemporain, la conservation des principes sur lesquels repose toute vraie société chrétienne. Quant à notre monastère de Saint-Martin, la rente de 5 sous qui lui est assignée montre qu'il était habité par une communauté relativement assez nombreuse, surtout pour un prieuré. La vie circulait donc encore dans ce corps vénérable formé par le grand saint Martin lui-même. Hélas ! à cette vie allait bientôt succéder la mort. Les ennemis de la France et même des Français devaient être les instruments de ce lamentable désastre.

à chacun des couvents de Châtellerault, de Mii'ebeau, de Saint- Maixent et de Niort. Une nièce de notre charitable testateur, nommée Jeanne, avait épousé un sieur Jean Véron, qui n'avait que des filles de son mariage ; un legs de 10 livres leur est assuré pour leur dot. Il n'est pas jusqu'à son serviteur Jacquet qui ne reçoive 60 sous de sa libéralité, en récompense de sa fidélité. On poursuivait encoi*e, à cette époque, paraît- il . la reconstruction de la cathédrale de Poitiei*s, car une somme de 20 sous est alfectéc à celte œuvre pie.

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