‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 78 sur 153 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

GEOFFROI n ESTISSAC ET LA RECON STRICTION DU PRIELRK

Victorieux daus le procès difficile qu'il venait de soutenir contre une influence puissante, le cardinal de Maillezais s'empressa de conférer notre prieuré de Saint'Mai^in à un homme qu'il savait être agi'éable à la cour du roi de France. Peut-être môme reçut-il à ce sujet une insinuation plus ou moins directe de la part du monarque. Cet homme était Geoffroi d'Estissac^ dont le nom rappelle les souvenirs les plus disparates , mais qui , somme toute, accomplit une grande mission de restauration, du moins matérielle, dans notre monastère, comme nous le dirons bientôt. A ce point de vue, il mérite une mention spéciale . et nous nous croyons obligé à fournir au lecteur quelques détails sur sa famille et sur sa personne.

La maison d'Estissac, originaire du Périgord

s'était distinguée par ses hauts faits d'armes dès le commencement du xiv« siècle. Mais au xv«, Amaury d'Estissac s'éleva, par son mérite personnel, au premier rang de la noblesse du duché d'Aquitaine. Créé, par Charles VII, sénéchal de Saintonge, avant la fin

1. Le châteaa d'Estissac, qui n'existe plus, était situé dans la paroisse de Saint- H ilaire d'Estissac, arrondissement de Mus-

s ici an.

de Tannée 1443 S il reçut de ce prince faveurs sur faveurs, sans compter une pension de 1,200 livres qui lui fut assignée dès Tannée 1447 '. Son mariage avec Marguerite, de la puissante maison d'Harcourt, montre assez de quelle considération il jouissait à la Cour ; et Tacquisition des seigneuries de Coulonges- les-Royaux , du Bois- Pou vreau et de CherveulK, 3 fixa définitivement sa famille en Poitou. Il n'eut point d*enfants; mais, par acte passé en 1458, il transmit son nom et ses biens à son neveu, Jean, fils de Lancelot, sire de Lesparre en Medoc (allié aux Goutant-Biron et aux Grailly d'Albret), et de Jeanne (TEstissac, sa sœur.

Mort à la fleur de Tâge, Jean d'Estissac laissa deux fils, Bertrand et notre Geoffroi d'Estissac. Ce dernier, qui n'était encore qu'un enfant au berceau, fut mis sous la tutelle de son cousin, Jean de Caumont, vicomte de Montbahus et seigneur de Lauzun * (ISnovembre 1482). Quanta Bertrand, il ne tarda pas à mériter les bonnes grâces du roi Charles VIII, et surtout de son successeur Louis XII. Il en profita pour

1. D. Font. XXXIX, 222. — Renie des qnest, hùtor,^ juillet 1872, p. 98.

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