‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 77 sur 153 · Mém, de la Soc. des Antiq. de VOuegt, 1837, p · texte numérisé non relu

Mém, de la Soc. des Antiq. de VOuegt, 1837, p

2. <i Nonnulli archiepiscopi , episcopi , aliique eccleRiarura « prelati et clerici necnon dnoes , marchiones , comités , no- « biles milites et laici, communia civitatum, etc., occuparunt... ^ doraos, possessiones, etc., dicti monasterii.D BiM. nation. nn<, ^. ht. 6480 2«, fol. 285. — D. Font. v. 691 : iv. 461, etr.

serait-ce exagération d'appliquer à notre sujet une parole de Jésus-Christ lui-même, et de dire : « Il « y avait là plus que le temple de Salomon »? Il y avait un temple consacré par le saint chrême, où Dieu lui-même, non plus en figure, mais en personne , avait été olfert en sacrifice et avait résidé pendant mille ans; il y avait là une œuvre formée sous une inspiration manifestement céleste par l'un des plus grands serviteurs de Dieu qui aient illuminé de leurs gloires la sainte Église ; il y avait là des trésors de prières, de science et de pénitence amassés par des milliers d'âmes qui s'étaient sanctifiées , à l'ombre de ces cloîtres désormais détruits. Et cette fois ce n'étaient ni les infidèles Sarrasins, ni les barbares Normands; c'étaient des chrétiens, et en grande partie, des Français qui avaient consommé cet acte de vandalisme.

Heureusement, nous l'avons dit, les œuvres divines , comme le Christ lui-même , retrouvent la vie dans la mort. Toutefois, la résurrection qui succéda au tombeau ne fut pais complète, car le flambeau de la vie monastique ne se ralluma plus, et le sacrifice solennel de la louante liturgique ne fut guère célébré que par intervalle dans la basilique de Saint-Martin. Cinq cents ans devaient s'écouler avant que notre cher moustier retrouvât les beaux jours de son antique gloire.

CHAJ^ITRE XXII.

LE PRIKl'UK DK SAINT-MARTIN DE LK'.UOK AU XV*' SIKGI.K.

Le monastère de Saint-Martin de Ligugé était détruit , ses religieux dispersés , ses biens entre les mains d'injustes détenteurs. Son existence eût été à jamais anéantie, si l evéque de Maillezais, à qui il appartenait, n'était intervenu pour eu revendiquer (lu moins les principaux domaines comme sa propriété particulière. Nous disons l'évêque et non plus l'abbé de Maillezais, car le 13 août 1317 le pape Jean XXII avait opéré un grand changement dans l'antique abbaye fondée par la mère de Guillaume le Grand. Il avait partagé en trois parties Timmense territoire du diocèse de Poitiers , et avait élevé les deux abbayes de Luçon et de Maillezais à la dignité de sièges épiscopaux. De là, dans la physionomie de ces deux monastères, une transformation profonde. Les moines devinrent chanoines des deux nouvelles cathédrales , et malheureusement ce changement ne fut pas au profit de l'observance régulière. Les prieurés conventuels qui en dépendaient continuèrent à relever des deux abbayes-mères, et à recevoir d'elles, les sujets que l'abbé, devenu évêque, y envovait en obédience. Geoffroi Pouvreau • alors

1. M. Lacurie, après M. Amault, n'a pas su corriger sur ce personnage les auteurs du Gallia ChrUtiana, bien que cette rectification eût été parfaitement mise en lumière par M. Marchegra;rclansla Bibliothèque de l'École des Chartes, dès ranuée

abbé de Maîllezais, en devînt ainsi le premier évêque. A répoque où nous sommes arrivés, il avait déjà eu trois successeurs , Guillaume (Sambutij. Jean de Marconnay, et Gui.

Déjà le 28 juillet 1357, le pape Innocent VI avait donné commission à l'archevêque de Tours et aux évêques de Paris et d'Angoulême, d'informer et de lancer l'excommunication contre tous ceux qui vexaient, pillaient et maltraitaient les églises, les monastères, les hôpitaux, les clercs et les religieux dépendants de Maillezais' ^ ; mais ces foudres de l'Église ne produisaient plus qu'un effet médiocre sur les esprits entraînés par la fureur guerrière. L'évêque de Maillezais ne put donc recouvrer qu'en partie les domaines aliénés du prieuré de Saint- Martin de Ligugé. Il en recueillit néanmoins assez pour que ce bénéfice demeurât encore l'un des plus riches de ceux qui étaient à sa collation^ comme on disait alors. Du reste, à part ces données générales, un silence de mort règne sur notre sanctuaire vénérable. C*est à peine si, à la fin de ce siècle troublé, le 29 juillet 1396 , le prieur Jean Pignerrè nous révèle, par une transaction, que la vie n'y était pas entièrement éteinte. Un acte du même prieur en date du 20 janvier 1409 (n. s.) nous fournit cependant une particularité remarquable, en nous

1840 (1»^ série t. 2, p. 166-167). Chose étrange 1 M. Lacurie {HUt. de Maillezais^ p. 110) veut que, dès l'an 1318, Gruillaume de Sarnhuti (sic, fût déjà évêque de MaiUezaîs, lorsque la Bulle à laquelle il renvoie dit formeUement que ce Guillelmiis Sam- Initi était, non pas évêque , mais le procurenr en cour de Rome de rÉvêqve de Maillezais (ibid. p. 372), 1. P. Font. XXVII (ter), 219.

apprenant que YMteî du prieur se nommait alors le Four Saint-Martin ^

Son successeur, Frère Philippe de Colombiers, ne nous est connu que par un bail à rente, en date du 21 février de l'an 1410 (1411 n. s.). Mais Frère Guillaume de Villennes, qui prit le gouvernement après lui , nous a laissé des traces plus vivantes et plus nombreuses de son administration (1436-1482). C'était un homme remarquable, non-seulement par l'illustration de sa naissaiîce*, mais par son zèle pour la gloire de Dieu et la résurrection du culte de saint Martin. Religieux de la cathédrale de Maillezais, 'jomme Tindique son titré de Frère , il commença probablement à rétablir les ruines du sanctuaire du thaumaturge des Gaules, secondé par Guillaume et Thibault de Lucé, évèques de Maillezais.

1. Le même prieur (le 8 janvier 1406 n. s.) baille à rente un marreau de pré assis en la rivière du Clain , et une pièce de terre assise à la Fontaine Saint-Martin , tenant d'mie pa/rt au ehemin par lequel Von va de Ligvgé à Poitiers et au long du Vignault. Un autre acte du l*"^ déc. 1398 nous parle d'un nommé Jeannot de Pons, clerc, consentant à un bail à rente SOI* des maisons, hébergement et vergers situés près de la doiihe du prieuré et du chemin qui conduit à VégUse Saint- Paul. (^Archiv. de la Vienne.)

2. Il était probablement fils ou frère de Jean de Villennes qui joua un grand rôle sous le règne de Louis XI. Le 6 juin 1481, le même prieur soutenait encore, de concert avec l'abbesse de Sainte-Croix, un procès contre la veuve de Jean Barbier, avocat du roi. (Archiv. de la Vienne.) Parmi les baux à rente qu'il fit pendant son priorat, nous en remarquons un dans lequel il est question de rA<?M*^cZ et Jierhergeitient de Visle de Pons, qui fut à Pierre Briant demeurant à Poitiers , avec les moulins , citaussées, retenues d'eauXy pêcheries^ escluzeSy vergiers^ prés et autres vieux héritages estans et S'Uués au dedans dadit isU, avec la

L eflVoyable guerre de Cent Ans était^ terniiuée, ou à peu près , à l'avautage de la France, et l'Église ne se débattait plus dans Vagonie du grand schisme d'Occident. De toutes parts et jusqu'au fond des cloîtres retentissait le grand nom de réforme, de restauration religieuse et politique. Le mouvement était partout. Notre prieuré conservait le titre de conventuel ; et la communauté se composait encore d'un prieur , d'un sacristain qui jouissait d'un béuétice spécial , et de . deux ou trois religieux choisis par Tévêque de Maillezais, ayant voix délibérative dans les assemblées capitulaires , possédant même un sceau distinct de celui du prieur, et faisant surtout les fonctions de chapelains du pèlerinage toujours subsistant de saint Martin. Guillaume de Villennes voulut laisser après sa mort, survenue vers 14.8i, un souvenir de sa tendre dévotion envers l'admirable fondateur du monastère de Ligugé. Dans son testament, approuvé par Louis Rouhaut, évéque de Maillezais, il fonda et

vieille c?ta'ïi8»ée, toucha et bois estans par deverg ladite risilU' chaussée, et avec la tmwhequi tient d^ une part à ladicte vieilhchaussée et auprès de la prieur esse {jparoisse?) de Samarve et luvieille vigne appelée la vigne des quarts tenant d'une part an

lo7ig du pré du Prioré [siC: et par dessus, au chemin par

leqn-el on vait de Lig-ugé au lieu de Pons ^mouvatis lesdita

choses du prieur de Ligugé. {Archiv, de la Vienne, 7 mai 1436.) Dans cette île de Pons, située à un quart de lieue du bourg de Ligugé, sur la route d'Iteuil, on voit encore des restes de bâtiments assez considérables. Ce sont les mui-s inachevés d'une papeterie, qu'entreprirent de construire, au xviii« siècle, les Pères Jésuites de Poitiers, ainsi que nous le raconterons plus loin.

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dota une Messe en l'honneur de saint Martin, qui devait être chantée à Tautel même de ce saint. Il spécifia que ce serait la Messe dont Tlntroït commence par Statuit, avec Toraison Inclina famuli tul . et la prose de saint Martin, Miles amice, etc. Après sa mort, les religieux du convent devaient aller chanter un Libéra sur sa tombe, pendant lequel le sacristain devait sonner un glas. Enfin, chaque année, le 3 novembre, un anniversaire devait être célébré pour le repos de son âme. Le testateur assignait pour cette fondation certains fruits de cens , montant à la somme de une livre 40 sous de rente annuelle, sans compter deux boisseaux de froment et huit de seigle. L'approbation del'évêque de Maillerais est datée du 31 janvier 1467 ^

Cet acte, dicté avec une bonne intention, n'en prouve pas moins que le prieuré n'étaitplus considéré comme une propriété sacrée, dont aucun religieux n'avait le droit d'aliéner la moindre parcelle; ce n'était plus dès lors, aux yeux des plus vertueux prieurs, comme Guillaume de Villennes, qu'un bénéfice ecclésiastique, presque une propriété particulière, de laquelle* on pouvait distraire une partie pour son

1. Parmi les autres actes de ce prieur je trouve (le 19 juin. 1478) qu'une rente de 10 sous, hypothéquée sur une maison sise rue de la Tranchée, à Poitiers, fut donnée au prieuré de Saint- Martin par Gabriau SaiTasin, laboureur, et Catherine Fradine. sa femme, à la charge de célébrer un anniversaire pour le reix)s de leurs âmes. Or parmi les rentes partielles que le prieur Guillaume de Villennes donne à son convent dans son testament se trouve précisément cette rente sur la maison sise près la l)orte delà Tranchée : ce qui prouve que le prieur s'attribuait tous les dons qui étaient faits au monastère. C'est uu signe que la vie commune avait cessé d'exister à Ligugé.

avantage personnel , sous le couvert d'une œuvre pie. Les droits de la pauvreté religieuse -n'étaient plus compris.

Aussi Dieu ne tarda pas à infliger à notre prieuré la plus terrible punition qu'un monastère pût éprouver. Le fléau de la cammende *, cette plaie hideuse qui dévora, pendant tant de siècles, la meilleure substance de la vie religieuse , s'abattit sur notre communauté de Saint-Martin , comme sur presque toutes les corporations monastiques de cette époque. Jusqu'alors le prieur avait été choisi parmi les membres du Chapitre de Maillezais, qui conservaient du moins l'apparence et quelquefois la régularité des anciens moines. Après la mort de Guillaume de Villennes, il en fut autrement. L'éyê- ({ue de Maillezais était alors le cardinal diacre Frédéric San-Severiao, pourvu de ce bénéfice par le Souverain Pontife en vertu du droit de Réserves et d'Expectatives, qui souleva, en France surtout, tant de réclamations de la part des chapitres des cathédrales et des religieux des monastères. Malheureusement, à des abus réels, et chanoines et religieux n'opposèrent qu'un esprit de révolte, plus funeste

1. Disons seulement ici que la commende consistait à livrer le titre d'abbé ou de priewr, avec la plus grande partie des revenus d'un monastère, à des ecclésiastiques étrangers à la vie régulière, trop souvent même à de'simples laïques, pourvu qu'ils ne fussent pas mariés. (Cf. Les Moines d* Occident, Introduct. p. GLXI. — Thomassin, De la discipline ecclésiastique, tom. II, part. II, chap. x-xx.) Ajoutons que ce fléau ne laissait pas même quelquefois, aux religieux des plus riches abbajes, les i-evenus suffisants pour subvenir aux frais de leur entretien et à ceux des bâtiments du monastère. De là, la destruction de la vie commune et de la régularité.

que les abus mêmes, et un attachement schismatique à de pernicieuses doctiûnes appuyées sur le césarisme le plus contraire à la liberté de l'Église. Le cardinal Saii-Severino avait eu à surmonter cette opposition avant de jouir de son évéché, les chanoines de Maillezais ayant élu de leur côté pour évéque leur prieur Guillaume le Roy. Une fois maître de la situation, il s était bien gsurdé de livrer le prieuré de Ligugé, le plus riche de ceux qui étaient à sa collation, entre les mains des religieux ses adversaires. Il en pourvut un protonotaire apostolique, nommé Arthus Derveau^ qui parait dans un bail à fei^me dès le 3 juillet 1487, « passé en la court « de vénérable et discrète personne Mons{ieur) l'ar- « chiprestre de Chaunay *. »

Ce premier supérieur commendataire gouverna assez longtemps notre prieuré pour y faire disparaître les derniers restes dévie régulière. Lorsqu'il mourut, au mois de novembre 1801, la désolation régnait, on peut le dire, dans te sanctuaire de Saint-Martin. A peine eut-il fermé les yeux que le trouble et la perturbation s'y installèrent en maîtres.

L' officiai de Poitiers, Guillaume Bouchet, était accouru à Ligugé, avait réuni le sacristain et les deux ou trois religieux formant le chapitre conventuel du prieuré, et les avait foi*temenf encouragés à profiter de la circonstance pour reprendre possession du droit d'élire leur supérieur, en vertu des décrets du con-

1. Mais il était probablement prieur depuis plusieurs années. Le cardinal San-Severino nous apprend lui-même, dans le document que nous analysons en ce moment, que ce prieur avait été nommé par lui.

cile de Bàle^ et conformément à T usage dont leurs prédécesseurs avaient joui pendant tant de siècles. Nous ne savons si l'official était bien pur de tout intérêt terrestre en cette affaire. Mais la propositioi) était trop séduisante: les religieux de Ligugé ne purent y résister.

Ces sortes d'efforts pour recouvrer l'antique liberté des élections dans les monastères étaient, du reste, à cette époque, la préoccupation de tous les esprits, qui se piquaient de zèle et de discipline ecclésiastique ou monastique. De plus, pour le cas spécial, il n'était pas difficile à Guillaume Bouchet d'appuyer son conseil des motifs les plus plausibles. L'antique monastère de Saint-Martin, le berceau de la vie religieuse en Occident , n'avait-il pas un droit légitime de revendiquer un privilège dont il n'avait été dépouillé que par une usurpation manifeste? Le cardinal-évéque était un prélat étranger, imposé au Chapitre de Maillezais par la cour de Rome, et qui, sans respect pour les souvenirs monastiques de notre province, livrait tous les bénéfices réguliers de son diocèse aux mains d'étrangers et de séculiers comme lui ; il avait détruit ce qui restait encore de vie religieuse à Maillezais, il en ferait autant pour le prieuré de Saint-Martin ; peut-être même le réduirait-il à l'état de bénéfice simple. C'était un homme cupide qui, non content de son double titre de cardinal et d'évêque de Maillezais, avait essayé de s'emparer de l'archevêché de Rouen. Mais cette ambition devait se tourner à l'avantage des religieux de Ligugé ; car adversaire, en cette circonstance, du cardinal Georges d'Amboise, frère de révêque de Poitiers, il ne pouvait plus compter sur

la protection du puissant ministre du roi de France.

L'évéque de Poitiers était d'ailleurs favorable au projet, et son secrétaire, Martin Derveau, frère ou neveu du prieur défunt , était là pour attester cette approbation. A vrai dire , la présence du secrétaire de Pierre d'Amboise, qui élait venu joindre ses exhortations à celles de Tofficial de Poitiers . nous semble prouver que Tévêque lui-même était agent ' direct, ou tout au moins indirect en cette affaire.

Quoi qu'il en soit, la petite communauté de Saint- Martin se laissa facilement persuader, et élut pour prieur Dom René Caillet^ moine de Montiemetéf (ii novembre 1501). Cette élection fit grand bruit à Poitiers, et excita de vives réclamations comme de chaudes approbations. Le cardinal San-Severino ne tarda pas à en être averti. Il forma immédiatement opposition contre elle (25 novembre) et en appela au tribunal d'André de Vivône, chevalier, seigneur de la Chasteigneraye, conseiller et chambellan du roi et son sénéchal en Poitou. Le sergent royal François Guybert fut chargé de notifier au prieur élu et à ses complices la complainte et la citation du cardinalévêque. La cause fut plaidée en première instance le 3 décembre suivant, les parties ayant envoyé à l'audience des procureurs fondés de pleins pouvoirs.

1. Cette conjecture revêtira tous les caractères de la pi*obabîlité pour quiconque voudra bien considérer que, dans sa complainte , le cardinal San-8everino avouait que l' Officiai «e disait vicaire de lÉcêqne de Paitiers ; que l'abbé de Clunj, d'où, dépendait Montiemeuf et partant René Caillet, était Jacques d'Âmboisc, frère de l*évôque de Poitiers, sans lasHentimcnt duquel on ne pouvait pas songer à faire une semblable élection.

Ce procès, comme tous ceux de ce temps-là, se prolongea outre mesure. Après de nouvelles plaidoiries les 10 et 12 décembre 1501, les 17 et 26 janvier 1502, comme le prieur avait refusé de comparaître aux deux dernières audiences, le sénéchal rendit, le 28 janvier, un arrêt favorable à la cause de Tévêque complaignant, a suivant Tadvis de notables et sages tf praticiens pratiquant ordinairement en ladite « court * ». L'affaire ne fut cependant pas terminée par cette condamnation par défaut.

Mais nous ne savons à quels tribunaux elle fut portée.

Quant à René Caillet, le prieur élu. de Ligugé, il ne tarda pas à se désister de ses poursuites. C'était un homme de mérite , qui appartenait à une honorable famille de robe de notre Poitou. Déjà, le 31 août de Tannée 1500, c'est-à-dire un an et quel- ({ues mois avant l'élection de la communauté de Saint-Martin de Ligugé , il avait obtenu plusieurs voix dans le chapitre de l'abbaye de Montierneuf, réuni pour donner un successeur à l'abbé Charles de Saint-Gelais. Ce fut probablement pour le consoler de cet insuccès que l'on essaya de le faire nommer prieur de Ligugé. Repoussé par l'évêquede Maillezais, il en fut dédommagé par son abbé Louis de Rochechouart , qui le pourvut de l'important prieuré du Puy-Notre-Dame en Anjou. Cette nomination, plus canonique que celle de Ligugé, l'engagea vraisemblablement à ne pas poursuivre sou

1. Tout ce qui précède est extrait de la sentence dudit Sénéchal qui est conservée dans les Archives de la Vienne. (Prieuré de Ligugé, liasse 9.)

procès contre le cardinal San-Severino. Dieu lui tint compte de cette modération , en inspirant à ses confrères de Montierneuf, après la mort de Louis de Rochechouart, de Télire presque unanimement pour leur abbé (16 septembre 1505).

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